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Cour des Comptes

La Cour des Comptes

s‘intéresse aux gros sous des chasseurs

 

 

LES SOUTIENS PUBLICS AUX FÉDÉRATIONS DE CHASSEURS

La contrepartie de missions de service public à mieux exercer

Rapport public thématique

Juillet 2023

 

 

 

Le Rapport de la Cour des Comptes

L’action menée par Lanceur d’alerte

Les comptes annuels des chasseurs

Pour tout comprendre...

Dans un premier temps, Lanceur d’alerte était parvenu, non sans mal et de haute lutte, à amener la Fédération nationale des chasseurs à publier les chiffres que celle-ci aurait tant préféré garder pour elle.

https://www.nouvelobs.com/societe/20220820.OBS62221/les-subventions-aux-chasseurs-sont-passees-de-27-000-a-6-3-millions-d-euros-en-moins-de-cinq-ans.html

L’analyse de Lanceur d’alerte :

La Fédération nationale des chasseurs assise sur un tas d’or grâce à Emmanuel Macron 

https://lanceuralerte.org/2022/08/16/federation-national-chasseurs-comptes

 

Les comptes officiels de la Fédération nationale des chasseurs sont ici :

2017

2018

2019

2020

2021

 

 

Et voici que la Cour des Comptes s'intéresse à son tour à la chasse. Elle vient de publier les conclusions du contrôle d’initiative citoyenne lancé suite à la consultation citoyenne qu’elle avait menée de mars à mai 2022 (https://www.ccomptes.fr/fr/actualites/plateforme-de-participation-citoyenne-decouvrez-les-sujets-de-controles-retenus).

Lire la présentation du rapport,

Lire et télécharger en pdf le rapport complet :

https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-soutiens-publics-aux-federations-de-chasseurs

 

Lire la synthèse (uniquement sur le site de la Cour) : https://www.ccomptes.fr/fr/documents/65532)

 

 

Le Monde (article du 13/07/23) :

https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/07/13/l-etat-ne-controle-pas-suffisamment-l-activite-des-chasseurs-malgre-des-financements-publics-en-nette-augmentation-selon-la-cour-des-comptes_6181860_3244.html

__________

 

Pour notre part, nous aurons l’occasion de revenir ultérieurement sur la question de la chasse, et plus particulièrement sur les conditions de son exercice dans la forêt du Gâvre. Ce travail d’information et de réflexion se justifie avec d’autant plus d’acuité qu’un Schéma d’accueil du public est en cours d’élaboration (ONF – Pays de Blain Communauté). Il serait assez vain de prétendre mieux accueillir le public sans vouloir, dans le même temps, remettre à plat ce dossier, aux motifs qu’il s’agirait foncièrement d’une activité de loisir au même titre que les autres, que les revenus qu’elle rapporte ne regardent que l’ONF et que, de facto, la chasse est hors sujet (en quelque sorte, chasse gardée !), l’ONF ayant trop besoin des chasseurs pour assurer le succès de ses plantations et de ses modes de gestion, notamment pour limiter la pression d’abroutissement (le broutage des jeunes pousses/bourgeons opéré par les cervidés).

Cette problématique cynégétique ne saurait évidemment laisser indifférents Les Amis de la Forêt du Gâvre. L’on sait combien l’Office national des forêts entretient des liens particulièrement étroits avec les chasseurs, considérés sans complexe par le gestionnaire comme un partenaire indispensable à la gestion et à la survie des forêts françaises publiques, tout bonnement le prérequis sans lequel rien n'est possible (https://www.onf.fr/onf/+/b78::la-chasse-un-prerequis-pour-planter-les-forets-de-demain.html). Ici comme ailleurs, la communication vise à légitimer systématiquement des approches, méthodes et pratiques présentées comme allant de soi, incontournables et, pour tout dire, foncièrement écologiques (tout en se montrant, curieusement, nettement plus discrète quant à l’aspect éminemment lucratif de cette activité pour l’ONF).

Rappelons au passage combien le puissant lobby de la chasse dispose de relais majeurs au sein du personnel politique et de l’Etat (comme souvent, la France est assurément loin de se hisser au niveau des meilleurs standards de gouvernance publique) (un exemple des plus édifiants, un de plus : https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/03/16/stephane-layani-l-ami-de-l-ombre-d-emmanuel-macron-a-rungis_6165685_823448.html). Si l’inique loi Verdeille de 1964 a fini par être abrogée, les textes en vigueur demeurent largement biaisés en faveur des intérêts de la chasse (pour aller plus loin : https://www.aspas-nature.org/interdiction-de-la-chasse-chez-soi-une-victoire-de-laspas-qui-fete-ses-20-ans

https://www.geo.fr/animaux/quels-sont-les-animaux-les-plus-chasses-en-france-212014).

 

C’est que les chasseurs – comme chacun sait désormais, du moins c’est ce que ceux-ci voudraient nous faire croire, avec de belles ficelles bien grosses – sont les premiers écologistes de France, les seuls vrais défenseurs de la Nature,

 

eux qui ont tout fait pour essayer de maintenir les multiples pratiques dites traditionnelles, aussi archaïques que cruelles, de piégeage des oiseaux sauvages, désormais interdites, de même que la chasse à la tourterelle ;

 

eux qui font tout pour maintenir chassables – sur une liste comprenant des dizaines d’espèces, là où ailleurs l’on s’en tient à un nombre beaucoup plus limitédes espèces interdites à la chasse pratiquement partout ailleurs, et ce alors même qu’il est avéré que nombre de ces espèces sont menacées, voire en voie de disparition ;

eux qui font tout pour pérenniser le système dépassé des ESOD (ces Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts » – l’on n’ose plus parler de nuisibles, mais pas question de renoncer à chasser le renard, les petits mustélidés et autres corvidés ;

 

eux qui, enfin, s’accrochent à ce énième combat d’arrière-garde qu’est le maintien de la vénerie, qu’il s’agisse de la chasse à courre ou de la pompeusement dénommée vénerie sous terre qui n’est autre que le déterrage et la destruction barbares des blaireaux et des renards.

 

Mais l'on ne saurait oublier qu'à l'instar des chasseurs, il n’y a pas, non plus - petit rappel - de meilleurs défenseurs de l’environnement et de la biodiversité…

 

que les acteurs de la pêche industrielle, si conscients des bienfaits du chalutage (a fortiori dans les zones protégées) pour une pêche durable, et grands défenseurs des dauphins et autres cétacés ;

 

que les industries extractrices soucieuses d’apporter au BTP et au maraichage industriel tout leur saoul de granulats et de sable ;

 

que les « pesticideurs » en tous genres jamais en reste lorsqu’il s’agit d’imbiber copieusement écosystèmes, nappes phréatiques et populations des meilleurs dosages de leurs bons produits ;

 

que les croisiéristes qui ont compris qu’il est grand temps de s‘y mettre, comme lors de ce récent sommet du greenwashing organisé par MSC pour vanter son bon mix de gaz naturel et qui a surtout horrifié nombre d’intervenants et de participants jurant qu’on ne les y reprendrait plus*;

 

que tous les propagandistes et fraîchement convertis qui ne jurent plus que par telle ou telle solution énergétique parée de toutes les vertus, fussent-elles aussi douteuses et en trompe-l’oeil que celles que l’on prête aux biocarburants et aux méthaniseurs surdimensionnés – où l’éleveur ne fait plus du bétail que pour produire des déjections, devenues autrement plus rémunératrices que l’animal lui-même (animal dont les abattoirs sauront, in fine, si bien s’occuper, dans le plus grand respect de la condition animale, et sans souffrances au travail, comme le démontrent si bien les éloquentes vidéos de  L214…) ; l’on peut d’ailleurs se demander ce qui va finir par rester lorsqu’on aura ratiboisé le moindre morceau de bois, fut-il recyclé, et qu’on aura « écocombusté » le dernier pellet pour satisfaire aux appétits insatiables de toutes ces centrales électriques nouvelles ou converties censées nous fournir du kilowattheure vertueux ;

 

Et l’on pourrait poursuivre encore, car la liste est malheureusement bien longue des adeptes du greenwashing – écoblanchiment – verdissement d’image : les candidats ne manquent décidément pas pour concourir au championnat du monde des fausses bonnes pratiques environnementales.

 

 

* Un séminaire en mer, dénommé The Arch, sur le tout nouveau MSC Euribia, qui a fait plus que jaser – pour s’en tenir à Ouest-France : une pleine page (!) dans l’édition papier du 12/07/23 intitulée « Un malaise dans le sillage du séminaire « écolo » » ; https://www.ouest-france.fr/environnement/the-arch-lastuce-du-croisieriste-pour-se-la-jouer-plus-bio-70db1328-11ae-11ee-a4e5-33c2589c0bc0 ; https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saint-nazaire-44600/la-croisiere-fait-elle-du-greenwashing-avec-ses-paquebots-au-gnl-aeb544e8-f0ac-11ed-a712-6e3ad690fa08).

Seul un tiers au mieux du gaz naturel liquéfié utilisé est bio ; le reste est du GNL classique (énergie fossile), auquel le bio est mélangé ; qui plus est, du fait de l’approche complexe utilisée dite du bilan massique (mass balance), le GNL utilisé en l’espèce n’a pas à être nécessairement bio, cela veut simplement dire qu’une quantité équivalente au GNL utilisé a été acquise en bio-GNL par l’entreprise (on promet au client une certaine quantité d’énergie verte qui n’est en fait verte que par son équivalence dans la quantité de quotas d’énergie verte acquise par ailleurs…).

De toute façon, ce GNL bio/vert étant issu de la méthanisation de déchets, l’on ne sort pas de l’immense problème de la course à la production exponentielle de déchets pour nourrir méthaniseurs géants et autres centrales et satisfaire aux immenses besoins de ce qu’on présente néanmoins comme des solutions écologiques…

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