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Les Amis de la Forêt du Gâvre

Du constat à l'action : les AFG

 

Nous avons créé l’association des Amis de la Forêt du Gâvre (AFG) suite à un certain nombre de constats effectués en forêt ces dernières années.

 

Notre objectif est d’agir, dans un esprit constructif, afin que les évolutions particulièrement négatives que nous observons et dénonçons prennent un tout autre cours, plus conforme aux attentes actuelles des populations et aux impératifs d’un changement climatique bien réel comme d’un appauvrissement majeur de la biodiversité lui aussi bien réel. Il est d’une impérieuse nécessité que l’on revienne à une gestion nettement plus équilibrée qui, seule, permettra de mieux prendre en compte les intérêts à long terme du massif forestier et de ses différents usagers, et tout particulièrement de ceux qui sont de très loin les plus nombreux : tous ces citoyens que nous sommes et qui, ensemble, forment le grand public. Que nous habitions les communes les plus proches du massif, la grande métropole nantaise, les autres communes de Loire-Atlantique ou que nous venions de plus loin encore, y compris de l'étranger, nous avons tous le souhait d'exercer des activités de loisir et de détente dans un cadre forestier de qualité, dans une vraie forêt où la Nature est respectée et sa biodiversité préservée dans toute sa richesse.

 

Nul besoin, en vérité, de fréquenter assidument la forêt du Gâvre, voire même de la connaître, pour s’y intéresser et vouloir la défendre : la forêt est l’affaire de tous, a fortiori s’agissant d’une forêt domaniale.

 

Nous ne sommes pas en lutte contre l’ONF en soi, mais contre ses dérives, contre ce que cet EPIC (Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial) est devenu et ce qu’il tend à devenir, glissant toujours plus ouvertement vers une privatisation de la forêt publique que dénoncent d’ailleurs nombre de ses agents, en particulier de terrain, qui reconnaissent de moins en moins leur métier et leurs missions. Ces personnels partagent à juste titre nos inquiétudes et nous partageons les leurs.

 

La Forêt du Gâvre n'est évidemment pas le seul massif à connaître une évolution « productiviste » de sa gestion. Il y a désormais suffisamment d’études, de rapports, d’articles, de livres, d’émissions, de vidéos, de films pour que tout le monde sache ce qui se passe et soit au courant de cette situation désastreuse. Une masse d’informations qui ne cesse de croître, pour une prise de conscience toujours plus large et éclairée, pour une volonté toujours plus déterminée de changer le cours des choses.  

 

L’on peut citer, à titre d’exemple, ce passage tiré de l’introduction du très éclairant livre de Gaspard d’Allens, Main basse sur nos forêts :

 

« Pendant mes reportages, ce que j'ai vu, ce sont des machines tout droit sorties de films de science-fiction qui arrachent les arbres en quelques secondes et les taillent au scalpel. Des scientifiques qui testent des arbres génétiquement modifiés. Tout un système industriel s'est greffé sur le secteur sans qu'on y prenne garde.

 

Et les forêts ont subi, avec quelques années de retard, les mêmes dérives que l'agriculture productiviste. Elles se sont métamorphosées en champs d'arbres que l'on moissonne comme du blé, en monoculture, avec un sol labouré, sous perfusion d'engrais et de produits phytosanitaires ».

 

Si bien des forêts françaises, y compris domaniales, subissent plus durement que la Forêt du Gâvre les effets désastreux du productivisme forestier (notamment dans l’Est), ce n’est pas une raison pour, ici, ne rien faire et attendre que les choses empirent encore.

Les AFG entendent être une force de proposition soucieuse de l’intérêt général et, à ce titre, particulièrement vigilante en matière de gestion forestière et de biodiversité, au bénéfice de tous.

C’est un bien triste constat en forme de plaidoyer que nous livre ci-dessous, au fil de ses réflexions et de son ressenti, l’un de nos membres, Dominique Cadorel, qui, comme tous nos adhérents et l’écrasante majorité de nos concitoyens, a mal à « sa » forêt, cette forêt qu’il aime tant et qui est devenue de plus en plus méconnaissable…

PLAIDOYER POUR LA FORET DU GÂVRE

 

 

Depuis que j’habite Le Gâvre, j’ai appris à connaître et aimer davantage encore la forêt.

C’est en me promenant régulièrement en forêt que j’ai constaté le triste spectacle muet

des dégâts causés par l’exploitation de ses arbres, notamment des chênes.

Tout semble calme en forêt du Gâvre, de temps en temps des bruits de tronçonneuse sont perceptibles,

et puis à nouveau le calme.

Quand on repasse, on est surpris, il n’y a plus d’arbres...

Des chantiers soutenus d’abattage se sont accélérés d’année en année.

J’ai voulu savoir ce qui se cache derrière les arbres, tenter de discuter avec des bucherons.

D’où mon envie d’écrire ce plaidoyer et de le faire partager.

 

La forêt du Gâvre est le poumon vert de la Loire-Atlantique, un sanctuaire naturel préservé, en apparence du moins.

C’est l’endroit des promeneurs en tout genre, des familles venues, à la quiétude de ses arbres, se ressourcer, rêver, s’aérer, écouter le chant des oiseaux, tenter d’apercevoir quelques biches ou chevreuils. On y pratique aussi de la thérapie par les arbres, la rando lyrique.

On peut se dire que tout va bien dans le meilleur du monde.

 

La fonction première dévolue à cette forêt, comme à toute forêt domaniale, est de servir à l’exploitation du bois. Mais la priorité est désormais à la rentabilité immédiate, comme l’illustre bien la surexploitation du chêne. Une exploitation qui fait fi de toute autre considération. 

Orchestration du dépeçage des bijoux de famille : le chêne

 

L’ONF est chargé de cette exploitation

Au cours de mes promenades, j’ai tenté de parler avec des bucherons quand ils n’étaient pas trop éloignés. Certains parlaient facilement, mais très peu.

Voilà ce qui en ressort.

 

Le chêne en voyage organisé en Chine

La mode est de prélever les chênes pour qu’ils soient expédiés dans les usines chinoises afin d’y être transformés en parquets...

Pas de panique, leur séjour touristique terminé, ils reviendront en Europe et en France, vendus dans des enseignes de bricolage.

Le tour-opérateur propose un voyage tout compris :

Un chêne abattu en forêt du Gâvre part en Chine : il reviendra en France transformé en parquet et trouvera sa place dans une maison gâvraise qui jouxte la forêt. C’est un cercle vertueux !

 

La fabrication de tonneaux pour la planète Vin

Le chêne français sert à la fabrication de tonneaux à vin pour la France et, avec la mondialisation,

pour les vins produits dans d’autres régions du monde, notamment aux Etats-Unis.

Le chêne américain ne délivrant pas les bons tanins, eh bien, on prend le chêne en France…

La France étant une patrie du vin au savoir-faire ancestral, le tonneau de chêne français est une garantie de luxe pour le vieillissement du vin.

Vendus très cher, les « troncs  de chêne » seront expédiés aux Etats-Unis, puis transformés sur place en tonneaux pour recevoir le précieux breuvage.

Au Portugal aussi, l’on déguste de bons vins rouges, sur l’arrière de l’étiquette est précisé « vieilli en fût de chêne français ».

 

Un tonneau en chêne pour le vin a une durée de vie de 4/5 ans maximum. Il faudra ensuite songer à le renouveler. Certes, on peut l’expédier en Ecosse et en Irlande pour le whisky où il pourra finir sa carrière de tonneau pendant encore cinq ans.

Voyons le ratio… Durée de vie 4/5 ans, alors qu’un chêne grandit en 150/200 ans...

Il va falloir continuer à abattre du chêne à un bon rythme pour fournir en tonneaux la planète vin...

 

Que faire pour remplacer les tonneaux en chêne pour l’élevage des vins de prestige ???

Je ne sais pas...

L’ONF et la filière bois ont tout prévu

 

A ce rythme effréné, il n’y aura bientôt plus du tout de chênes en forêt du Gâvre comme dans toutes les forêts domaniales de notre belle France.

Il faut 200 ans environ au chêne pour qu’il soit exploitable en bois d’oeuvre, mais avec la pression de la demande, on les abat dorénavant à l’âge de 150 ans.

Nos forêts françaises de feuillus qui sont un bien commun sont en train de disparaître sous nos yeux.

Passer sur un chantier forestier d’abattage de chênes, c’est traverser un champ de bataille, tout un écosystème dévasté à jamais.

 

Quand on aura fini de dépecer ces beaux bijoux de famille, on n’attendra pas 150 ans pour retrouver une rentabilité, c’est beaucoup trop long.

 

Que faire pour remplacer le chêne ? La solution : la monoculture du résineux.

 

LA TRANSITION « VERTUEUSE » : DU FEUILLU AU RÉSINEUX 

 

L’on chante

« Mon beau sapin, roi des forêts,

Que j’aime ta verdure !»,

Mais quel bien mauvais rôle fait-on jouer à ces pauvres sapins !

 

C’est du bois qui pousse vite et ça nous sert pour des constructions industrialisées, meubles et panneaux en agglomérés. Il est certain que cela répond à une demande très forte d’agglomérés,

 mais il ne faudra pas que le résineux remplace le chêne.

Nos forêts se transforment en stock de résineux prêts à l’emploi, au diamètre idéal de 30-40 cm pour les scieries modernes.

A ce rythme, dans cinq ans, restons optimiste, moins de dix ans, nos ancestrales forêts

de feuillus seront devenues des alignements de résineux, des supermarchés du bois, avec toute une biodiversité associée aux feuillus qui aura disparu, pas un chant d’oiseau, un manque de vie.

 

Les pays nordiques (Finlande, Suède et Norvège) produisent industriellement du résineux pour les scieries modernes. J’ai entendu dans un documentaire TV (« Le Temps des Forêts » me semble-t-il, sous réserve) que certains s’en alarment même.

« Laissez-nous produire du sapin dont la production est bien adaptée à nos contrées froides où

nous avons suffisamment d’espace et vous, gardez vos forêts de feuillus ».

Bon, c’est peut-être parce qu’ils veulent conserver le monopole sur le résineux…

 

Qu’allons-nous laisser à nous-mêmes et aux générations futures ?

 

Quand les médias abordent le sujet de la filière industrielle du bois, on entend dire que la forêt française se porterait bien et qu’elle recouvre même 1/3 du territoire. En réalité, ce sont les plantations de résineux qui augmentent et gangrènent le paysage. Les feuillus sont remplacés par de la monoculture de résineux. Il n’y a plus d’équilibre, c’est ce qu’on nomme « la mal-forestation ».

PROMENONS-NOUS

EN

FORÊT DU GAVRE

(novembre 2021)

La Croix du Chêne de la Messe

 

Pour la déco, on a bien laissé quelques feuillus, mais tout autour ce n’est plus ça qui pousse.

 

On devrait la rebaptiser

« la Croix des [Sa]pins de Noël à la Messe ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet endroit était planté de chênes il y a quelques années.

Observez ce qui pousse à la place !

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chênes disparus sont remplacés par du résineux.

 

Une belle allée que celle de la Maillardais.

Du moins, c’est ce qu’elle était !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SORTIE DE CHANTIER

EXIT les poussettes, vélos, promeneurs !

L’ONF s’est empressé de la faire gravillonner avec du gros gravier gris inesthétique

pour faire passer des engins de débardage et des camions de chargement du bois.

Sans parler de l’impact environnemental, c’est aussi une pollution visuelle.

Pendant le confinement de 2020

Un double discours

 

Interrogé par la presse (Ouest-France), l’ONF disait que la forêt a retrouvé son calme, les oiseaux sont paisibles, les animaux tranquilles, plus de promeneurs pour les perturber.

La nature reprend ses droits, que c’est chouette pour les chouettes qui y habitent… !

 

C’est occulter ce qui s’y passe dans certains endroits.

Tranquillement, loin des regards émotifs, tout un sous-bois de chêne est éclairci, débardé 

avec des engins bruyants et destructeurs.

 

A cet endroit, on a relevé le tracé de deux voies romaines antiques

endommagées par de gros engins d’exploitation du bois. C’est bien triste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes sur la bonne voie…

 

Dans une émission de France-Inter du 07/09/21, j’ai entendu dire que la Chine,

notre usine à tout faire, a décidé de sanctuariser ses propres feuillus pour 99 ans…

avant qu’il ne soit trop tard.

Qu’attendons-nous pour faire de même ?

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Allée de la Roberdais

2019-20

Sur le sentier des Chételons, "ex" sentier pédagogique.

octobre 2019

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L'usine à bois en photos

(fin 2019-2021)

Allée du Soulier

Décembre 2021

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Un abattage "violent" qui laisse sur place, non seulement de grosses branches, mais aussi les morceaux de tronc blessés.

Parcelle 85, octobre 2019

Les ornières se forment peu à peu dans les chemins artificiels tracés tous les 20 m par les engins de coupe et de transport qui interviennent non seulement dans les parcelles de pins, mais depuis 2 ans dans les parcelles de feuillus où les coupes d'éclaircies sont effectuées.

Parcelle 83, octobre 2019

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Des allées bordées de hauts murs de bois cisaillé, en longueur de 4 m, en attente d'enlèvement, pour finir en bois de chauffage.

Allée de La Magdeleine, octobre 2019

 

Les coupes rases sont destructrices de la biodiversité. Dans le Nord (forêt de Mormal) et l'Ile de France (Forêt de Senart et autres forêts franciliennes), l'ONF a cessé  les coupes rases. La futaie irrégulière ou jardinée est plus respectueuse de l'environnement.

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Le parcours de santé, des agrès qui s'écroulent et un chemin envahi par les ronces.

15 novembre 2019

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Des troncs sont abandonnés sur le terrain et disparaissent peu à peu sous la mousse, les ronces et les fougères.

Allée de Curun, 29 novembre 2019

Des machines surpuissantes simplifient le travail d'abattage, mais font subir à la faune et à la flore forestières des dommages collatéraux considérables.

Novembre 2019

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