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Les Amis de la Forêt du Gâvre

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VISITEZ NOTRE EXPO PERMANENTE EN LIGNE !

 

 

Vous n’avez pas pu vous rendre sur place, dans la chapelle de la Magdeleine, en lisière de forêt, sur la commune du Gâvre, pour visiter notre exposition de l’été 2022 ?

 

Rien n’est perdu, car il vous est désormais possible de voir – et revoir – en ligne cette exposition, ainsi devenue permanente, dans les deux diaporamas ci-dessous !

 

Vous pouvez également retrouver à la suite de ceux-ci notre présentation d'origine de l’exposition physique.

1 - Expo AFG 2022
1 - Expo AFG 2022

Parcelle en régénération, suite coupe rase. Où sont les feuillus ?

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2 - Expo AFG 2022
2 - Expo AFG 2022

Suite à coupe rase… Comment les feuillus peuvent-ils repousser, dans cette « savane » en plein soleil ?

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15 - Expo AFG 2022
15 - Expo AFG 2022

Suite à coupe d’éclaircie. Carnage en forêt.

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1 - Expo AFG 2022
1 - Expo AFG 2022

Parcelle en régénération, suite coupe rase. Où sont les feuillus ?

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16 - Expo AFG 2022
16 - Expo AFG 2022

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17 - Expo AFG 2022
17 - Expo AFG 2022

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EXT-2 - Expo AFG 2022
EXT-2 - Expo AFG 2022

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16 - Expo AFG 2022
16 - Expo AFG 2022

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L’Association soutient les agents de l’ONF en s’opposant fermement aux projets de loi de privatisation des emplois et, à terme, des forêts publiques.

 

La politique du Ministère de l’Agriculture pousse à la surexploitation des forêts publiques et cherche à éliminer ses opposants, les salariés de l’ONF.

 

Tout pour l’enrichissement à court terme, au détriment des efforts contre le réchauffement climatique, cause des risques d’incendie et de la disparition à brève échéance de nos forêts ancestrales.

 

L’EXPO A NE PAS MANQUER !

 

 

A voir tous les jours du 1er août au 15 septembre 2022

A la Chapelle de la Magdeleine, au Gâvre (Loire-Atlantique)

Pour s’y rendre, se repérer ICI.

 

 

 

 

 

 

 

Une exposition pour sensibiliser aux problèmes de la forêt du Gâvre (qu’elle partage, hélas, avec tant de forêts françaises), pour montrer les conséquences désastreuses des méthodes actuelles d’exploitation de ce massif forestier, pour dénoncer les pratiques néfastes, photographies tristement éloquentes à l’appui.

 

A l’heure du réchauffement climatique et des canicules à répétition, alors que les incendies menacent, que la biodiversité décline à un rythme plus qu’alarmant, que le bon accueil du public et la préservation de l’écosystème forestier dans sa richesse biologique et sa qualité paysagère sont d’autant plus volontiers mis en avant que la réalité du terrain demeure celle de la primauté donnée par l’Etat aux objectifs de production de l’exploitation forestière, et ce dans une forêt pourtant domaniale et donc publique.

 

Vivant au plus près de cette forêt et soucieux de son devenir, les habitants de la Magdeleine (ou Magdelaine, dite Magdelaine d'Iff*) ont tout de suite fait bon accueil à notre projet et accepté d’ouvrir les portes de leur chapelle multicentenaire aux Amis de la Forêt du Gâvre.

 

L’occasion pour les visiteurs de passage de découvrir et pour le public local de redécouvrir, à la faveur de la période estivale, le charme de ce hameau si attachant, et tout particulièrement de sa chapelle (restaurée au 19e siècle).

 

Et l’occasion pour nous de rappeler que cette chapelle, fort ancienne puisque remontant à 1199 (12e siècle), faisait partie d’une léproserie** qui dépendait de l’abbaye Notre-Dame de Blanche-Couronne (cistercienne, puis bénédictine, cette abbaye fondée en/vers 1160 à Port Launay, près de Savenay, est désormais classée Monument Historique).

 

Dans la chapelle, le visiteur ne manquera pas d’admirer une statue de vierge allaitante du 15e siècle représentant la Vierge de Notre-Dame de Grâce, ainsi que les sept vitraux d’inspiration contemporaine créés par l’artiste bretonne Solène Daoudal***. Transparence, couleur, lumière. Par son symbolisme épuré, le motif de cette « forêt vitrail » florissante qui ceint le bâtiment et sert si bien l’esprit du lieu, aussi modeste qu’ancien, assure un contraste saisissant avec le sombre contenu de l’exposition, donnant ainsi d’autant plus de force et d’urgence à sa dénonciation de la « forêt usine à bois ».

 

* La baie de l’if étant toxique, l’on pensait qu’il avait la faculté d’éloigner les animaux sauvages, à commencer par les loups, sinon tentés de déterrer les morts (tels que ceux d’une léproserie), d’où la plantation fréquente de ce conifère dans les cimetières.

 

** La popularité de la parabole du mauvais riche et du mendiant Lazare, pauvre, malade et affamé, dans l’évangile selon Saint Luc a fait qu’au Moyen-Age la confusion s’est établie avec Lazare de Béthanie, l’ami de Jésus ressuscité du tombeau quatre jours après sa mort dans l’évangile selon Saint Jean. Saint Lazare est ainsi devenu le patron des lépreux, a donné son nom à l’ordre hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem, voué aux lépreux (pèlerins, chevaliers), et aux nombreuses maladreries de Saint-Lazare (= léproseries, où l’on isolait et soignait les ladres ou lépreux) créées aux 12e et 13e siècles (et plus tard aux lazarets). Les chapelles de ces établissements étaient souvent dédiées à Saint Lazare ou à… Marie-Madeleine. Lazare avait deux sœurs, Marthe et Marie de Béthanie. Et, là encore, la confusion de s’établir et de perdurer très longtemps, cette fois avec Marie de Magdala, dite Marie-Madeleine (désormais, la première est fêtée avec sa sœur le 29 juillet, la seconde le 22 juillet).

 

*** Pour en savoir plus sur ces vitraux et sur le travail de l’artiste et artisane, voir ICI (https://www.ateliersolenedaoudal.fr/files/vitraux-la-magdeleine-au-gavre-s-daoudal_v2.pdf).

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LES AFG CELEBRENT HAUT ET FORT

LA JOURNEE INTERNATIONALE DE

LA BIODIVERSITE

PAR UNE MANIFESTATION REVENDICATIVE

 

La forêt domaniale du Gâvre a connu le 22 mai 2022 sa première manifestation depuis vingt-cinq ans ! Une vraie manifestation – comprendre, à caractère protestataire (pas simplement sportive ou de loisir !), tout à la fois déterminée et paisible, comme à l’époque.

 

L’époque, c’était 1995-96,  lorsque les habitants des communes environnantes et tout particulièrement du hameau potentiellement le plus impacté (notamment par les nuisances des suiveurs), celui de la Magdeleine, les défenseurs de la Nature, associatifs ou non, et des citoyens de tous horizons s’étaient mobilisés en nombre et souvent en famille, à deux reprises, en hiver et au printemps – alors que la polémique montait, montait – pour dénoncer l’inacceptable projet d’un étang de chasse, « pièce manquante parfaite » pour l’hallali des cerfs lors des chasses à courre. Le projet tourna court et son grand promoteur fut exfiltré à la Direction de la chasse, un poste qui lui convenait manifestement mieux. Car le plus singulier en cette affaire est qu’il s’agissait tout simplement… du responsable de la gestion de cette forêt à l’époque !

 

Si le projet n’a plus refait surface et que le secteur proche de ce fond de vallon qui a pu conserver sa zone humide comme de la parcelle de vieux arbres bicentenaires des Chêtelons (voir notre dossier sur cette parcelle ICI) a finalement accueilli un arboretum – qui, pour l’heure, hélas, n’est plus que l’ombre de lui-même, ses débuts prometteurs ayant sombré avec la fin des subsides privés et publics consacrés au projet… –, l’affaire évoquée rappelle combien l’ONF entretient, à plus d’un titre, une dépendance addictive à la chasse (et pas seulement, bien sûr, à une chasse à courre qui perdure encore malgré tout, avant de devoir suivre le chemin de la chasse à la glu et autres pratiques d’un autre temps…). 

 

Mais ce dimanche 22 mai 2022, c’était un autre projet inacceptable qu’il importait de dénoncer haut et fort : le projet de déplacement du Parcours de Santé, à deux pas du Rond-point de l‘Etoile, autrement dit du centre de la forêt, le lieu le plus fréquenté, là où routes départementales et forestières se croisent.

 

Déplacer (où ???!) le parcours – particulièrement apprécié des usagers réguliers comme des visiteurs du dimanche, des promeneurs comme des sportifs – reviendrait à le supprimer : il ne pourrait être mieux situé pour le plus grand nombre et, de toute façon, il ne pourrait plus bénéficier du magnifique environnement qu’offrent ses arbres plus que centenaires.

 

Voilà qui procède un peu, beaucoup de cette démarche trop souvent mise en avant pour faire « gober » tel ou tel projet et qui consiste à faire miroiter des mesures compensatoires, lesquelles relèvent largement du marché de dupes, car elles ne permettent pas de retrouver avant longtemps (voire jamais) le même niveau de biodiversité, de biomasse, de complexité des écosystèmes, de captation du carbone, en l’occurrence dans les arbres et le sol de la forêt. Tous les détails sur ce projet ICI.

L’on nous sert donc l’antienne bien connue d’une parcelle qui est arrivée au terme de son cycle d’exploitation (et même au-delà) et qu’il faut bien, désormais, « récolter » – même si ce n’est pas facile à faire, à vivre, on le comprend bien, on compatit ! Car le gestionnaire forestier se doit de suivre opiniâtrement, avec dévotion ou aveuglement (c’est selon) sa bible, son sacrosaint document que vient même comme sacraliser (sanctifier ?) un arrêté ministériel : le gros document dénommé Révision d’Aménagement Forestier, valable vingt ans, celui en vigueur courant encore jusqu’en 2027.

 

L’on retrouvera ultérieurement en page d’Accueil ce qu’il y a à dire sur l’argumentaire déroulé, sans surprise, par l’ONF en réaction à cette manifestation – propos délivrés aux journalistes et communiqué en bonne et due  forme –, des arguments tristement prévisibles et éminemment contestables, qu’il n’est cependant pas inutile de déconstruire.

 

Mais ici, célébrons la satisfaction d’une manifestation réussie. Un évènement qui, ce faisant, a dignement honoré la Journée internationale de la Diversité biologique, autrement dit de la Biodiversité (thème 2022 : Bâtir un avenir commun à toutes les formes de vie). Cette journée a été instaurée par les Nations Unies et revient à la même date chaque année afin de sensibiliser les citoyens du monde entier à la richesse des espèces végétales et animales sur Terre, les Nations Unies mobilisant à cet effet notamment l’UNESCO.

Le temps de l’accueil des participants, sur le coup des dix heures, avec l’offre systématique d’un café de bienvenue, céda  bientôt la place à celui des prises de parole, peu après 10 h 30, avec les interventions des deux coprésidents des AFG, non sans ménager à la fin de celles-ci quelques instants afin que plusieurs personnes puissent utilement faire état des luttes environnementales en cours sur la région (notamment concernant la centrale d’enrobage prévue à Puceul ou l’unité géante de méthanisation prévue à Corcoué-sur-Lorgne) et annoncer leurs prochaines initiatives.

Les coprésidents se succédèrent pour parler de la genèse de l’association, du pourquoi de sa création qui était devenue une nécessité aussi évidente qu’impérieuse dès lors que le seuil de tolérance et d’acceptabilité était désormais dépassé pour beaucoup des usagers, souvent proches, de cette forêt du Gâvre. Cette lutte pour la sauvegarde d’un massif qui mérite une meilleure gestion, au bénéfice de tous, fut replacée dans le contexte des nombreuses luttes forestières en cours, les citoyens s’étant désormais emparés du sujet de la forêt un peu partout en France puisque les mêmes méthodes pernicieuses de gestion de l’ONF et des tenants de la sylviculture industrielle se reproduisent partout. Aux mêmes causes, les mêmes effets. Non sans insister sur le fait que l’ONF a tout de même pris le parti d’en finir dorénavant avec les coupes rases dans les forêts périurbaines/suburbaines (principalement en Ile-de-France ; mais de la coupe aux lèvres…) et qu’il y a toutes les raisons de considérer la forêt du Gâvre – située à proximité d’une grande métropole et unique forêt domaniale d’un département très peuplé – comme devant absolument relever de ce cas de figure.

Les échanges spontanément entamés entre les participants à l’issue de cette séquence se poursuivirent tout au long de la manifestation proprement dite, lorsque le cortège prit forme et se dirigea  le long de l’Allée du Coudray jusqu’à l’entrée du Parcours de Santé. La traversée intégrale de celui-ci donna naturellement lieu à plusieurs temps de pause propices à des échanges et explications complémentaires.

Tout le monde put ainsi prendre la mesure du désastre insensé que constitueraient la transformation et, a fortiori, la suppression d’un tel écrin de verdure forestière qui apporte ses bienfaits au plus grand nombre et qui n’a déjà que trop subi des coupes (notre dossier complet ICI). Ce processus d’attrition, d’autant plus insidieux qu’il reste pour l’heure relativement discret, aurait, s’il devait se poursuivre ou s’accélérer, pour effet pernicieux, notamment, de fragiliser chaque fois un peu plus cette futaie lorsque surviendrait un gros coup de vent ou une tempête un peu forte. A l’image de ce bel arbre qui récemment encore s’était abattu en travers du chemin, restant là des semaines, et dont les traces de la chute étaient encore bien visibles.

L’on se conforma ensuite au dicton qui veut que le réconfort suive l’effort, et les rafraîchissements et autres boissons furent les bienvenus pour le verre de l’amitié. Et celles et ceux qui restèrent pour le pique-nique n’eurent pas non plus à le regretter puisqu’une convivialité de tous les instants fut résolument de mise tout au long de cette journée, d’autant que la météo demeura clémente de bout en bout et que le temps ne cessa même de se relever au fil de la journée. Soulignons d’ailleurs la satisfaction d’une participation fort honorable de quelque 80-100 personnes au plus fort de l’affluence, alors même que ce mois de mai fait de week-ends prolongés et de "grand beau chaud" a naturellement tendance à entraîner l’habitant de Loire-Atlantique, et singulièrement le Nantais, vers le proche bord de mer, retrouvé cette année avec une ardeur très postcovidienne, et, ce même dimanche, vers une multitude d’évènements printaniers à caractère sportif ou festif. A commencer par la tenue, à quelques kilomètres de là, de grandes Portes ouvertes sur le bocage préservé de Notre-Dame-des-Landes.

 

Parmi les parcelles au programme de l’après-midi, l’on se souviendra tout particulièrement de la longue traversée du secteur du Pilier, le long de l’allée du même nom, dans le nord du massif, cathédrale vivante où s’élèvent des arbres de plus de quarante mètres de haut. L’occasion aussi, malheureusement –  et c’était bien là l’objet de cette sortie –  de toucher au plus près, par un contraste saisissant, la triste réalité d’une exploitation qui n’entend pas encore renoncer à détruire de telles richesses naturelles (fussent-elles voulues par l’homme) et qui préfère appliquer aveuglément son plan de coupe en pensant aux milliers d’euros que représente actuellement chacun de ces troncs magnifiques…

L’on poussa jusqu’au rond du pilier, l’occasion d’admirer l’un des rares arbres valorisés comme remarquables dans cette forêt, le  Chêne double, et de constater qu’une simple vitre brisée dont on ne semble pas se résoudre à vouloir enlever le verre, en toute simplicité, suffit à interdire l’accès de l’abri-kiosque placé à ce carrefour forestier. Impossible enfin, avant de revenir au point de départ, de ne pas partir à la découverte ou redécouverte de l’exceptionnel Alignement du Pilier dont le caractère remarquable, pour ne pas dire unique – puisque les dernières investigations donnent à penser qu’il pourrait s’agir de l'un des plus longs d’Europe, sinon le plus long –  est comme inversement proportionnel au modeste affleurement de ses nombreux mégalithes, largement enfouis pour la plupart. En pareil cas, la question est, bien sûr, de savoir dans quelle mesure il vaut mieux laisser ce témoignage du passé dans une relative confidentialité susceptible de prévenir les dégradations d’une fréquentation excessive, ou au contraire ne pas hésiter à faire connaître et valoriser un pareil trésor minéral. Un juste milieu est certainement de l’ordre du possible. L’on doit pouvoir faire plus et mieux, et cela doit aller de pair avec la préservation de son écrin, cette magnifique futaie qui n’a déjà été que trop malmenée (ces deux documents pour en savoir beaucoup plus sur cet alignement: A et B).

 

Et lorsqu’enfin tout le monde regagna ses pénates, ce fut pour découvrir que nous n’avions pas œuvré en vain, car les médias, déjà, relataient, en ligne aussi bien que sur le canal 31 de Télénantes, la tenue de cette manifestation et son objet qui, finalement, ne fait que refléter l’intérêt grandissant du peuple français pour ses forêts, tout particulièrement domaniales, et le rejet clair des méthodes qui président actuellement encore à leur gestion. 

Que toutes les personnes qui ont contribué à rendre possible cette manifestation, par leur soutien ou leur participation directe, soient ici vivement remerciées. Nos remerciements vont également, bien sûr, à toutes les organisations suivantes ou aux membres de celles-ci qui ont bien voulu faire passer l’information, voire se déplacer. L’on peut notamment citer, dans le désordre, le GMN (Groupe Mycologique Nazairien), la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), Bretagne Vivante, NDDL-Poursuivre Ensemble (https://www.nddl-poursuivre-ensemble.fr/so/c1O2zJVe3?languageTag=fr&cid=fbf82c9f-98da-4fed-9809-fa49e58602f5#/main), le RAF (Réseau pour les Alternatives Forestières, https://www.alternativesforestieres.org/Manifestation-pour-la-foret-44), le GNSA (Groupe National de Surveillance des Arbres) et son antenne GNSA-Pays Nantais (https://www.facebook.com/103018921550648/posts/519073736611829), l’ASEV (Association de Sauvegarde de l'Environnement de Vertou), l’APDVE (Association de la protection, la défense et la valorisation de l’environnement et du cadre de vie), Canopée, SOS Forêt France (https://sosforetfrance.org/index.php/2022/05/18/action-a-la-foret-du-grave).

Le quotidien de l’écologie et journal indépendant en ligne bien connu Reporterre a également relayé efficacement notre communiqué (https://reporterre.net/Manifestation-pour-arreter-le-massacre-de-la-foret-du-Gavre-Loire-Atlantique). Et notre message d’alerte de porter même jusqu’à l’Yonne Lautre (le journal des alternatives inter-associatif de l’Yonne, https://yonnelautre.fr/spip.php?article16143&lang=fr). Saluons enfin les médias qui ont jugé pertinent de couvrir l’évènement le jour même, avec le déplacement d’un reporter de France Bleu Loire Océan,  et d’une journaliste reporter d’images de Télénantes. Ainsi que la solide couverture assurée, avant et après, par le correspondant local et la rédaction nantaise d’Ouest-France et de Presse Océan, ainsi que par L’Eclaireur de Châteaubriant. L’ensemble des articles et reportages est à retrouver ICI (en page Presse/Médias), notamment le reportage de Télénantes et les trois pages de PO (le Fait du Jour en Une).

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LE 22 MAI PROCHAIN 

MOBILISONS-NOUS

POUR DEFENDRE LA FORÊT DU GÂVRE

LA SEULE FORÊT DOMANIALE DE LOIRE-ATLANTIQUE !

 

Soyons toutes et tous au rendez-vous de la

MANIFESTATION DU 22 MAI 2022 A 10 H*

Rond-point de l’Etoile, au centre de la forêt

pour envoyer à l’ONF (Office National des Forêts) le message clair et fort

de toutes celles et tous ceux qui ont à cœur de défendre la Nature et l’environnement

et qui ne veulent plus que la forêt soit utilisée comme une usine à bois

 

L’occasion également d’un grand bol d’air convivial en forêt (avec pique-nique)

pour la première manifestation organisée en forêt du Gâvre depuis 1996

 

L’ONF met en avant l’accueil du public et la défense de la biodiversité, mais dans les faits la priorité va bien toujours à une gestion productiviste des arbres, dénoncée de toutes parts, y compris par les personnels qui, comme les écosystèmes forestiers, sont en souffrance.

 

Nous dénonçons notamment le projet actuel de transfert du Parcours de Santé très apprécié du public (à deux pas du Rond-point de l’Etoile), un transfert qui permettrait de couper opportunément tout ce qui reste de cette parcelle d’arbres anciens qui serait irrémédiablement dénaturée et fragilisée, même par une coupe « légère ».

 

REJOIGNEZ LES AMIS DE LA FORÊT DU GÂVRE (AFG)

POUR EXIGER DE L’ONF UNE NOUVELLE DONNE

CONTRE CE PROJET ET POUR UNE VRAIE FORÊT

PARTICIPONS EN FORCE A LA MANIFESTATION DU 22 MAI

 

* Programme :

10 h       Accueil (café offert)

10 h 30   Présentation de l’association

              La gestion de l’ONF et ses conséquences désastreuses

11 h       Manifestation sur le Parcours de Santé (boucle complète)

12 h       Pique-nique (zone fléchée du parking d’accueil)

13 h 30   Balades au choix sur sites  en voie de destruction :

              - Allée du Pilier (parcours long – parcelles 32-33 et 35-36)

              - Les Chêtelons (parcours court – parcelle 61 et arborétum)

              - Allée du Soulier (parcelles 178-183)

 

Pour vous orienter, cliquez ICI

Pour tout savoir en cartes, cliquez ICI

Pour télécharger la Carte de la manifestation : photo JPG dans fichier Zip

 

Les AFG ont participé à l'opération de réduction des déchets en forêt
du 28 novembre 2021

Cette année encore, de nombreux volontaires ont répondu présent pour débarrasser la forêt du Gâvre des déchets abandonnés aussi bien par des promeneurs indélicats que des automobilistes traversant la forêt en y jetant par la fenêtre de leur véhicule quelque souvenir inapproprié de leur passage. C’est notamment à l’appel des Amis de la Forêt et de la Maison de la Forêt que ces personnes ont ainsi donné de leur temps, dans une ambiance conviviale, de 10 h à midi le dimanche 28 novembre 2021, et ce en dépit d’une météo peu encourageante. Comme de nombreuses autres actions organisées un peu partout, cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD – pour en savoir plus : https://ewwr.eu/fra/). Les efforts se sont naturellement concentrés sur les secteurs les plus fréquentés, le Rond-point de l’Etoile au centre de la forêt et les parkings situés le long des principaux axes routiers. L’opération s’est traduite par l’enlèvement de quelque 50 kg de déchets. Un volume tout à fait significatif, mais qui permet néanmoins d’observer avec une certaine satisfaction que, d’une année sur l’autre, les volumes récupérés ont plutôt tendance à diminuer. Ce qui est évidemment heureux et témoigne de la sensibilisation croissante de nos concitoyens à la question des déchets et, plus généralement, aux questions de préservation de l’environnement et de la planète.

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IL ETAIT UNE FORET… AVEC LES AFG A ORVAULT

 

Le 7 mars 2022, les Amis de la Forêt du Gâvre ont une nouvelle fois eu l’occasion de participer à une séance de cinéma axée sur la forêt et ainsi d’alerter et de faire passer auprès des spectateurs présents nos légitimes préoccupations concernant la forêt du Gâvre et plus largement l’ensemble des forêts françaises.

 

Le film

 

Le 15 novembre 2021, il s’agissait (au cinéma de Blain, en présence du réalisateur et de son musicien) du film de Luc Marescot, Poumon vert, Tapis rouge (voir ici), sorti à l’automne 21. Cette fois-ci, la soirée portait sur un film sorti en 2013, Il était une forêt, écrit et réalisé par un autre Luc, Luc Jacquet (Oscar du meilleur film documentaire en 2006 pour La Marche de l’Empereur ; entre autres réalisations : Le Renard et l’Enfant en 2007 et La Glace et le Ciel en 2015).

 

Une fois encore, l’itinéraire d’un réalisateur a croisé celui de Francis Hallé, scientifique de renommée mondiale, pionnier de l’étude de l’architecture des arbres, qui a voué sa vie aux forêts primaires, et plus particulièrement aux forêts primaires équatoriales et tropicales.

 

Et une fois encore le réalisateur est devenu l’ami du scientifique et n’a pu qu’être séduit par sa personnalité particulièrement attachante. Luc Jacquet aussi a tenu à ce que Francis Hallé apparaisse dans son film, et lui aussi  a su exploiter et donner à voir son remarquable talent de dessinateur. Il est assurément exceptionnel que l’esprit scientifique et l’esprit artistique se conjuguent à un tel degré et avec un tel bonheur en un seul homme, pour le plus grand bénéfice des recherches qu’il mène comme de la cause qu’il défend.

 

Cela faisait quelque vingt ans que Francis Hallé cherchait à intéresser producteurs et créateurs à un projet d’ampleur sur les forêts primaires. Jacquet fut la bonne rencontre. Leur étroite collaboration  et leur partage des tâches ont clairement porté leur fruit, grâce aussi à la musique d’Eric Neveux et à la chanson d’Emily Loizeau. Et il convient de souligner combien la qualité des effets spéciaux restituant la beauté et la rigueur des dessins du scientifique sert admirablement le propos.

 

Le film s’attache à montrer l’évolution d’une forêt tropicale et les multiples interactions entre les animaux qui y vivent et les arbres, des toutes premières plantules jusqu’aux arbres vénérables qui finissent un jour par s’effondrer, laissant soudainement un grand trou de lumière dans la canopée, une clairière promesse de renouvellement. Un long processus qui nécessite au moins sept à huit cents ans jusqu’à l’obtention de la biomasse et la biodiversité maximales d’une forêt primaire.

 

Parmi toutes ces belles images (tournées en Amazonie péruvienne et au Gabon) où les effets spéciaux permettent souvent d’entremêler avec poésie plantes réelles et plantes dessinées, l’on retiendra notamment les séquences d’ouverture et de clôture centrées sur un géant de la forêt, un moabi d’une ampleur considérable – au milieu de la vaste cime sur laquelle Francis Hallé s'est juché pour dessiner au mieux les merveilles de la Nature.

 

Cette soirée était organisée par la jeune association CinéCens, un ciné-club créé en 2021 et qui, pour ses séances, bénéficie du Théâtre de la Gobinière, la belle salle de spectacle municipale de 203 places qui fait partie du Centre culturel de la Gobinière établi dans le parc du château du même nom et à deux pas de celui-ci.  

 

Le débat

 

La soirée était donc consacrée à la forêt : la forêt primaire (équatoriale ou tropicale) à travers la projection du film retenu, puis la forêt de feuillus de nos régions, et plus particulièrement la forêt du Gâvre et ses problèmes, dans le deuxième temps de la soirée, consacré au débat. Celui-ci fut certes courtois, mais néanmoins soutenu, voire intense, comme l’avait laissé deviner le temps des présentations avant le film.

 

Que tous les membres de notre association qui avaient fait le déplacement pour assister à cette soirée soient ici remerciés pour leur présence, leur soutien, leurs questions et interventions.

 

Sur la scène, les échanges se succédèrent assez longuement entre, d’une part, les deux coprésidents des AFG et, d’autre part, Nicolas Jannault qui est, depuis avril 2021, le directeur de l’Agence territoriale Pays de la Loire de l’ONF. Depuis la salle, en « renfort » de celui-ci, intervint également le directeur du Centre régional de la propriété forestière Bretagne – Pays de la Loire (CNPF) dont la vocation est d’aider les propriétaires forestiers privés à gérer leurs bois et forêts.

 

Ces présences inédites attestent, s’il en était besoin, de la nécessité pour l’ONF d’essayer de pallier à une image de plus en plus dégradée et de contrer autant que faire se peut dans le champ de la communication l’action déployée par les Amis de la Forêt du Gâvre…

 

Ces échanges furent naturellement pour nous l’occasion de passer en revue les divers maux qui accablent le massif du Gâvre : la logique de l’usine à bois, avec ses coupes rases, ses étendues de molinie bleue, son enrésinement qui ne cesse de gagner, ses machines surdimensionnées et ses mètres cubes trop importants de bois coupé ; la superficie dérisoire des parcelles en sénescence et en vieillissement, la disparition programmée des arbres de plus de cent ans, la coupe « sanitaire » des Chêtelons et les menaces avérées sur le Parcours de santé ; l’exploitation en futaie régulière encore et toujours,  malgré tous ses travers, au lieu d’opter résolument pour la futaie dite irrégulière ou jardinée ; le concept de multifonctionnalité volontiers mis en avant par l’ONF, qui bien souvent relève davantage d’une communication en trompe-l’œil  que de la réalité. L’ONF s’efforce, en quelque sorte, de donner le change et de faire comme si tout allait bien, ou presque (comme pendant le confinement : surtout, restez chez vous, on s’occupe de tout).

 

Comme si l’on pouvait être dupe…

 

Comme si plus l’on parle de biodiversité et d’accueil du public, et plus ces deux éléments étaient vraiment favorisés et développés, alors que, dans les faits, la primauté est bien donnée à la production de bois.

 

Comme si la coupe des vieux arbres pouvait favoriser sérieusement la préservation et le maintien des espèces forestières, animales aussi bien que végétales, le développement de la biomasse, la santé et la richesse des écosystèmes forestiers.

 

Comme si ce qui est visé n’était pas de limiter l’accès du public à certains secteurs précis, à commencer par le rond-point de l’Etoile, et même de restreindre ou fermer l’accès à certaines voies forestières (l’idée étant d’inciter les municipalités/collectivités à mettre la main à la poche…) et à certaines aires de stationnement (dès lors réservées aux seuls exploitants forestiers).

 

Comme s’il n‘y avait pas un énorme malaise des personnels de l’ONF, se traduisant même par des suicides à répétition liés aux mutations accélérées et à la perte de sens des métiers et des missions, comme s’il n’y avait pas de moins en moins de CDI et de plus en plus de contractuels, et que les personnels n’avaient pas manifesté à Tronçais en 2018 et à nouveau devant le siège de l’ONF le 25/11/21.

 

Comme si, en vérité, le malaise et le mécontentement n’étaient pas ressentis par tous les usagers de la forêt : les naturalistes et les écologistes, les populations locales, les municipalités et les élus, le grand public venant de la métropole nantaise et d’ailleurs, les agents forestiers de l’ONF, jusqu’aux exploitants forestiers et aux scieries…

 

Les justes motifs du malaise et du mécontentement

 

Sachant que les forêts domaniales ne représentent que 9 % des forêts françaises, que la proportion des forêts domaniales de l’Ouest de la France par rapport à l’ensemble des forêts françaises est évidemment encore plus faible et que la forêt du Gâvre est la seule forêt domaniale de Loire-Atlantique, l’on pourrait s’attendre à ce que l’ONF modère ici son appétit de bois et inverse significativement l’ordre des priorités, en priorisant la défense de la biodiversité et l’accueil du public, c’est-à-dire le maintien d’une forêt vraiment digne de ce nom, conforme à ce que l’on est en droit d’attendre d’une forêt domaniale – autrement dit, au final, publique, quand bien même il s’agit de ce « particularisme » du droit public français qu’est le domaine privé de l’Etat – où tout un chacun peut se promener et se détendre au milieu d’une abondance d’arbres feuillus de belle taille, matures et anciens, où les arbres de 100 ans, 200 ans ou 270 ans ne sont pas une exception « parquée » dans quelques ilots de vieillissement ou de sénescence, où l’on admet qu’un chêne peut vivre bien plus longtemps et être préservé en conséquence, où il n’est pas nécessaire de crapahuter pendant des heures à travers bois pour avoir quelque chance d’apercevoir, fugacement, la silhouette d’un cerf ou d’une biche.

 

Eh bien, pour l’heure il n’en est rien, malheureusement. L’ONF entend s’en tenir à sa bible, le plan d’aménagement en vigueur, courant sur vingt ans (« Révision d’Aménagement forestier 2008-2027 », approuvé le 25/10/10). Et ce, malgré le fait que la donne a  largement changé, qu’il s’agisse de l’effondrement de la biodiversité, du changement climatique, des attentes plus affirmées que jamais du public, usagers comme citoyens, en matière d’écologie et de bonne gouvernance. Les amendements pouvant être apportés à ce plan en cours de route – tel que, par exemple, un léger accroissement de la superficie des parcelles en vieillissement – restent trop à la marge. L’ONF continue trop souvent de se comporter en propriétaire, alors qu’il n’est que le gestionnaire des forêts domaniales. Malgré les subsides de l’Etat, la logique délétère de l’EPIC (Etablissement public à caractère industriel et commercial) force l’ONF à tout faire pour s’autofinancer, se rentabiliser. Le résultat est que la multifonctionnalité mise en avant par l’ONF, censée se traduire par un relatif équilibre entre ses diverses missions, ne marche pas dans la pratique, puisque, le plus souvent, ce sont bien les impératifs de production qui ont la main et demeurent prioritaires. Toutes choses dont ne peuvent se satisfaire de nombreux personnels de l’ONF pour qui, sur le terrain, c’est souvent quasiment mission impossible.

 

Ce que dit très clairement, dans un article du Monde du 01/12/21 un agent forestier dont nous avons cité quelques-uns des propos lors du débat : « Il faut assurer la protection des écosystèmes, conseiller les communes, permettre l’accessibilité des forêts et l’accueil du public, faire la police de l’environnement, surveiller les coupes… Mais, dans les faits, tout est mis sur la production de bois au détriment des autres missions ». La multifonctionnalité : « un casse-tête sur le terrain », comme le dit Le Monde.

 

Une information sortie quasiment le jour même de la soirée est venue tristement en conforter la pertinence, une étude publiée dans la célèbre revue scientifique Nature et dont les conclusions n’ont pu que navrer profondément Francis Hallé : l’on assiste à une « perte prononcée de la résilience de la forêt amazonienne depuis le début des années 2000 », une résilience qui se définit comme « la capacité de la forêt amazonienne à retrouver un état stable après des perturbations telles que des événements climatiques ou des sécheresses » ; et cette capacité est particulièrement mise à mal « dans les zones les plus sèches et celles où l’activité humaine est la plus intense », à commencer par la partie brésilienne de l’Amazonie.

 

En conclusion

 

Le public aura ainsi pu, par delà le visionnage d’un beau film qui donne à voir et à réfléchir, se faire une idée plus précise de la pertinence des « argumentaires » respectifs de l’ONF et des Amis de la Forêt du Gâvre, étant entendu que nous avons toute raison de penser qu’une très large majorité de la salle a abondé dans notre sens…

 

Rappelons enfin, pour conclure, que le beau parc arboré de la Gobininère qui nous accueillait offre à la vue plusieurs arbres remarquables, de même que, non loin de là, au Pont du Cens, les espaces paysagers originaux et très arborés du jardin municipal nantais de la Gaudinière ; que la coulée verte de la vallée du Cens est un espace de verdure et de biodiversité de premier plan de la métropole nantaise, dont la valorisation et la préservation doivent évidemment perdurer ; et que l’emblème d’Orvault, tel qu’il figure dans le logo de la commune, est un chêne, un de ces chênes de bel âge que l’on aimerait pouvoir continuer d’admirer longtemps encore dans une forêt du Gâvre en proie aux excès productivistes d’une exploitation forestière qui marche passablement « sur la tête », alors même que (pour reprendre le titre d’un reportage récent d’Envoyé spécial sur France 2) la forêt française – et avec elle l’ONF – a « la gueule de bois ».

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Lire l'article « Notre forêt est devenue une usine à bois » réagit l’association des Amis de la forêt du Gâvre publié par Presse-Océan le 05/12/2021 :

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/notre-foret-est-devenue-une-usine-a-bois-reagit-l-association-des-amis-de-la-foret-du-gavre-4a15caf4-5395-11ec-b53a-77eefdd898ae

Droit de Réponse
Cueillette  des champignons et piétinement :
le pourquoi d'une instrumentalisation

L'association Les Amis de la Forêt du Gâvre conteste la déclaration de Monsieur Corentin LEVESQUE (rapportée dans un article du quotidien Presse Océan du 11/11/21) qui prétend que « les parcelles des jeunes semis ont du mal à se régénérer, car les piétinements écrasent les jeunes pousses. Ce piétinement serait dû à l'abondance des cueilleurs de champignons ». Cette déclaration est inacceptable pour les raisons suivantes :

 

- Pour rappel,  il n'y a pas de champignons comestibles, dignes de ce nom, comme les cèpes, les amanites, les russules, les lactaires ou les chanterelles, dans les parcelles en régénération naturelle. Car ces champignons de type mycorhizien disparaissent après la coupe rase des arbres. Seuls des champignons saprophytes peuvent apparaître pour décomposer le bois mort.

 

- Personne ne va dans ces parcelles de régénération devenues sans aucun intérêt. La biodiversité est mise à mal. Plus d'insectes, plus d'amphibiens, etc.

 

- La méthode de la futaie régulière (où les arbres ont tous le même âge) actuellement mise en place par l'ONF, consiste à  intervenir dans chaque parcelle tous les 6 ans, en passant du semis à la phase finale qui est la coupe rase. N'importe qui peut constater qu'aucune parcelle n'est oubliée. Il suffit de remarquer les arbres qui portent un trait rouge, sélectionnés pour l’abattage. Et depuis 2008 (début du nouveau plan de gestion prévu pour 20 ans), il y en a de plus en plus. Les interventions mécaniques tassent le terrain et ce n'est pas un simple piétinement !!!

 

A chaque fois qu'une coupe, même partielle, a  lieu, les champignons disparaissent au fur et à mesure, il ne reste qu'un amas de  branches qui décourage le public. Il y a pire encore : le fait d'éclaircir les parcelles  augmente  la luminosité et dans de nombreuses parcelles on ne voit que de grandes herbes  (la molinie)  et des joncs. Là encore plus rien ne pousse, même pas les champignons, sauf quelques saprophytes dont la majorité n’est pas comestible.

 

Une autre méthode de gestion,  plus respectueuse de la biodiversité, éviterait ce problème : la futaie irrégulière. Elle permettrait d'assurer un couvert permanent avec la canopée des arbres, en abandonnant la coupe rase.  Laurent TILLON,  ingénieur chargé de mission Biodiversité à l'ONF, recommande cette méthode.

 

Cette déclaration de l'ONF n'est qu'un prétexte pour empêcher le public de venir en forêt. Or cette forte affluence ne se produit que pendant une trentaine de jours dans l’année, correspondant à la période de pousse des cèpes.

 

L'ONF envisage également de fermer l'accès aux parkings (aires de débardage) situés sur les routes départementales pour limiter encore l'accès du public. Il est même envisagé de fermer certaines routes forestières  si les collectivités ne participent pas à leur entretien.

Notre forêt n'est devenue qu'une usine à bois. Seul l'intérêt pécuniaire compte.

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Article Presse-Océan du 11/11/2021

 
 

Les AFG AU CINEMA SAINT-LAURENT

POUR LE FILM

POUMON VERT ET TAPIS ROUGE

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Sur scène pour la présentation du film

La soirée

 

Sollicitée par l’équipe du Cinéma Saint-Laurent de Blain à l’occasion de la reprise de sa formule de ciné-débat du lundi en présence d’un réalisateur, l’association des AFG a répondu présente le lundi 15 novembre 2021 pour la projection en soirée du film Poumon vert et Tapis rouge, sorti en septembre 2021. On l’a compris, il est question de forêt(s).

 

Rémi Valais, photographe et vidéaste professionnel à Guenrouët, n’a pas eu à regretter d’avoir proposé cette idée au Cinéma Saint-Laurent et d’avoir ainsi fait venir son ami, le réalisateur Luc Marescot en « tournée » de présentation de son film, puisqu’il y eut – à la grande satisfaction de tous – pas moins de cent-vingt spectateurs à cette séance du lundi. A n’en pas douter, très largement un public d’amoureux de la Nature et des forêts, et notamment de la forêt du Gâvre, au nombre desquels, bien sûr, de nombreux membres des AFG.

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Luc Marescot répond aux questions

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Les questions ne manquèrent pas après le film et c’est ainsi que les fructueux échanges se prolongèrent fort tard, d’autant que le réalisateur, particulièrement sympathique et décontracté, a le verbe facile. Nettement plus en tout cas que son grand ami de longue date (et, en quelque sorte, invité-surprise de la soirée) venu l’accompagner pour l’occasion et qui n’était autre que l’artiste talentueux qui a signé la musique du film (constituée à la fois de créations nouvelles et de morceaux déjà  existants), à savoir le musicien bien connu Alan Simon.

Luc Marescot et (à droite) Alan Simon

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Alan Simon (né à Nantes en 1964) est un artiste aux multiples talents, tout à la fois musicien auteur-compositeur, interprète, compositeur pour le cinéma, auteur de contes, romans, BD,  réalisateur d’un film et de clips musicaux). Les thèmes de prédilection de son œuvre éclectique pour laquelle il a su mobiliser la collaboration de nombreux artistes reconnus, musiciens ou non, d’horizons variés et souvent de niveau international, se réfèrent surtout à la culture celtique bretonne et à la défense de l’environnement. Alan Simon s’est principalement illustré dans le rock celtique et le rock progressif, et imposé par la création d’opéras rock. L’on peut citer notamment Excalibur, La légende des Celtes (succès considérable qui fit de lui un artiste de renom, à la carrière internationale ; ont suivi Excalibur II, L’Anneau des Celtes en 2007, Excalibur III, Les Origines en 2012 et Excalibur IV, The Dark Age of the Dragon en 2017), Gaïa, Anne de Bretagne, Tristan et Yseult et la fresque historique musicale Chouans.

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Simon

Alan Simon

L’ASPAS, l’ASsociation pour la Protection des Animaux Sauvages, était également présente à cette soirée à travers une représentante qui a pu lire sur scène un texte de présentation de cette association qui oeuvre depuis longtemps déjà à la protection animale.

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L’ASPAS est une importante association reconnue d’utilité publique, 100 % indépendante, fonctionnant volontairement sans subvention et donc uniquement grâce aux cotisations et aux dons, qui œuvre concrètement depuis déjà longtemps (près de 40 ans) et avec beaucoup de conviction et d’efficacité à la protection des animaux sauvages, de ces « sans-voix de la faune sauvage, les espèces jugées insignifiantes, encombrantes, ou persécutées par la chasse. » Pour reprendre ses termes, elle « mobilise l’opinion publique, interpelle les élus et sensibilise tous les publics à la nécessité de protéger les milieux et les espèces ». A cet effet, elle dispose de compétences juridiques très affûtées (plus de 3500 procédures devant les tribunaux) et apporte son savoir-faire et son concours, face à un maquis réglementaire dont la complexité est maintenue à dessein, à tous ceux qui souhaitent faire de leur propriété un territoire sans chasse en y créant une Réserve de Vie Sauvage® (rappelons également la possibilité, proposée par la Ligue de Protection des Oiseaux de créer, selon un mode sensiblement différent, des Refuges LPO). Pour en savoir plus : https://www.aspas-nature.org/

Luc Marescot est un professionnel de l’image très chevronné, puisque c’est lui qui, vingt-deux ans durant, accompagna à la caméra Nicolas Hulot au fil de ses pérégrinations à travers le globe pour ses célèbres émissions Ushuaia Nature. Cela fait plus de trente qu’il fait du documentaire de nature, soit des dizaines de documentaires au compteur. Il a notamment œuvré au film 700 requins dans la nuit (nominé aux Emmy Awards 2019) réalisé par Laurent Ballesta, biologiste, plongeur et photographe sous-marin.

Sur la scène, avant la projection - 2.jpg

Luc Marescot, Alan Simon et Rémi Valais

en ombres chinoises

Le film

 

Le film reflète l’optimisme et le dynamisme de son réalisateur qui s’accroche de toutes ses forces à son rêve de réaliser sur le mode de la fiction et même du thriller écologique – pour aller au-delà des convaincus et toucher, par le sentiment et l’émotion, un plus vaste public – un film qui apportera sa pierre à la dénonciation urgentissime de la destruction forcenée des forêts primaires dans toutes les régions équatoriales et tropicales.

 

Poumon vert et Tapis rouge est de ces oeuvres où l’on suit le protagoniste principal s’évertuer à monter une pièce de théâtre, un spectacle, une comédie musicale ou, donc ici, un film. Pour ce faire, Marescot n’est certes pas le premier à opter pour le procédé du film dans le film et de la mise en abyme – on le voit mobiliser des extraits de tournages précédents, tourner des scènes (au moins à titre préparatoire), créer un teaser pour intéresser les producteurs, etc. Mais il le fait avec une telle énergie et un tel volontarisme qu’il force l’admiration et que l’on ne se lasse pas trop de retrouver sa « binette » dans la plupart des plans, d’autant que l’humour, voire la dérision, n’est jamais très loin et que l’on perçoit ce qu’il nous a d’ailleurs dit lors du débat, à savoir qu’il n’est pas aussi naïf qu’il y parait, à s’aventurer comme il le fait dans un monde dont il ne possède ni les codes ni les réseaux, ce monde du cinéma de fiction et de long métrage qui est manifestement sensiblement éloigné de celui du documentaire, qui plus est de nature.

 

C’est ainsi que l’on suit l’auteur dans son parcours du combattant aux multiples péripéties et tribulations, au fil de ses rencontres avec tous ceux (amis, connaissances ou autres « pointures du métier », souvent approchées au culot ou à force d’insister) dont il sollicite le concours et escompte conseils, avis, appuis, coups de pouce, tels Nicolas Hulot, Antoine de Maximy, Édouard Baer, Claude Lelouch, Juliette Binoche, Jacques Perrin, Jérôme Salle, Thierry Frémaux… Sans oublier l’irrépressible appel d’Hollywood qui n’est pourtant pas en manque, puisque la Writers Guild y enregistre déjà les scénarii au rythme effréné de quelque 70-80 000 nouveaux dépôts par an !

 

Le film est ponctué par le retour régulier du cinéaste à son camp de base, son antre en bordure de la forêt de Brocéliande où il peaufine son scénario, « panse » ses déconvenues et prépare le coup suivant, son « next move ». Il est surtout scandé, sur un mode beaucoup plus dramatique par la chute d’arbres majestueux de la forêt équatoriale d’Amazonie, d’Afrique, d’Indonésie ou de Nouvelle-Guinée, dans le bruit des engins de destruction. Les Indiens amazoniens, Papous et autres peuples autochtones habitant ces forêts  se retrouvent, entre désarroi et colère, dans la lutte bien inégale du « pot de terre contre le pot de fer ». L’image sans conteste la plus poignante est celle de cet orang-outang qui, l’espace d’une scène, s’en prend à l’un de ces monstres d’acier, avant de devoir en descendre et battre en retraite.

 

Mais le film, c’est aussi (et peut-être même avant tout) la personnalité paisible et apaisante de Francis Hallé. Marescot connaît ce grand botaniste d’envergure internationale depuis qu’il le rencontra pour un tournage, il y a longtemps déjà,  à l’occasion de cette grande aventure scientifique, si innovante, que fut le Radeau des Cimes. C‘est ainsi qu’a cheminé et mûri l’idée de faire de ce scientifique défenseur de toujours des forêts primaires équatoriales et tropicales le héros d’un grand film de fiction susceptible de sensibiliser le plus grand nombre à cette cause d’importance. Au fil de l’évolution du scénario, le Francis Hallé de fiction est devenu un personnage qui a plus à voir, quoique sur un mode très contemporain, avec un héros à la Jules Verne, façon Némo ou même Robur le Conquérant (qui était justement doté d’une redoutable machine volante).

 

Quoi qu’il en soit, si le projet a rapidement séduit Francis Hallé, lorsqu’il s’agit de traduire en images les mots que le créateur couche sur le papier – et qui ne coûtent rien –, l’on peut très vite se retrouver avec des sommes impressionnantes à trouver, en l’occurrence une bonne  quarantaine de millions tout de même, pour un pari que seuls des professionnels anglo-saxons peuvent actuellement se permettre, du moins si vous arrivez à les rassurer en démontrant que vous avez déjà une expérience probante dans le long métrage et que vous avez des amis et des associés aux poches profondes. Que The Botanist se concrétise un jour ou pas, cet objet filmique tout à la fois improbable et épatant qu’est Poumon vert et Tapis rouge existe bel et bien, lui, une œuvre qui nous donne à voir la beauté de la Nature et toute l’horreur de sa destruction, et où la vraie jungle (peut-on dire, mais sans trop de surprise) est celle de l’industrie cinématographique, puisque l’on sait bien que si le cinéma est un art, c’est aussi (surtout ?) une industrie. 

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Le botaniste

 

Francis Hallé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Hallé) est donc ce scientifique français de renommée mondiale qui a consacré sa vie à l’étude des forêts primaires, principalement dans les régions équatoriales et tropicales. Ses multiples recherches et missions depuis le début des années soixante l’ont conduit aux quatre coins de la Terre. Il a collaboré avec de prestigieuses universités et institutions, reçu de nombreuses distinctions, rédigé un nombre impressionnant d’études, d’articles et d’ouvrages, participé à quantité de conférences et d’échanges. Quoique désormais octogénaire, il continue inlassablement de  défendre les forêts primaires où qu’elles soient, dans l’hémisphère nord comme dans l’hémisphère sud, toujours prêt à prendre son bâton de pèlerin pour porter la bonne parole. Ainsi le voit-on, dans le film, à Brocéliande et à Groix. Et ainsi a-t-on pu l’approcher ici même, dans notre région blinoise, en juin 2021.

Francis Hallé

Toujours curieux, ouvert et soucieux de transmettre la passion d’une vie, il est venu passer plusieurs jours à l’Ecole des Tritons, sur Notre-Dame-des-Landes. Une école qui tire son nom de ces sympathiques petits batraciens qui en sont venus à symboliser la célèbre lutte menée sur ces terres parce qu’ils y vivent en nombre, grâce à l’incroyable réseau de mares, de prairies humides, de haies et de bois qui assurent l’inestimable intérêt naturaliste de ce bocage résiduel. Une école qui a bénéficié d’un financement participatif réussi et soutenu par de nombreuses associations (telles que la LPO, Bretagne Vivante et Greenpeace) et de non moins nombreuses personnalités d’horizons divers. Une école de la nature encore en devenir et qui, à travers le vaste éventail de ses activités librement ouvertes à tous, vise à permettre à tout un chacun de comprendre, aimer et défendre le bocage pour qu’il perdure – car il ne suffit pas d’empêcher un trésor de biodiversité d’être transformé en tarmac stérile, encore faut-il continuer de le préserver et de le faire vivre.

Mais si Francis Hallé est venu dans ce bocage préservé, c’est avant tout pour soutenir le lancement des  « Noues Qui Poussent » en ce début juin (ce qui a permis à la presse de s’en faire l’écho), un projet original (https://naturalistesenlutte.wordpress.com/) porté par les Naturalistes en Lutte et les habitants du secteur (les NEL ont procédé à un inventaire complet de la flore et de la faune du bocage, restitué en 2016 dans le numéro spécial 223-224 de Penn Ar Bed, la revue de Bretagne Vivante). Il s’agit à présent ici de "protéger et accroître la diversité des habitats écologiques de la zone, développer des activités pédagogiques autour de la biodiversité et développer des expérimentations en agro-écologie associées aux enjeux naturalistes". Et ce, dans un périmètre constitué à 76 % de parcelles humides (prairies, etc.) couvrant 60 hectares quasiment préservés de toute activité humaine pendant une bonne dizaine d’années (en raison, bien sûr, du projet d‘aéroport) sur Vigneux-de-Bretagne et Notre-Dame-des-Landes. Comme le dit Francis Hallé, « si cela marche bien, et c’est déjà bien parti, vous aurez là une sorte de vitrine où les gens des environs vont venir voir ce qu’il faut faire pour retrouver une forêt ». 

Ce séjour a également permis à Francis Hallé de parler à bâtons rompus du projet qui lui tient tant à cœur et pour lequel il a créé une association spécifique disposant d’un site dédié : recréer de toutes pièces (cela prendra quelque mille ans) ou en partant d’une forêt secondaire (sept ou huit cents ans « suffiront » alors)  une véritable forêt primaire de plaine de climat tempéré, en Europe occidentale, de préférence transfrontalière, à cheval sur plusieurs pays dont la France (ceci réduisant le risque de voir tel ou tel pays réduire ses engagements ou renoncer). Un projet fou, pour les générations futures, qui nécessite au moins 70 000 hectares et qui en dit long sur l’urgence de la situation.

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A bâtons rompus avec Francis Hallé à l'Ecole des Tritons

C’est le temps et l’espace qu’il faut pour retrouver l’incomparable biodiversité d’une véritable forêt primaire, une richesse qui n’a rien à voir – on le conçoit aisément – avec ce qu’a à offrir une forêt secondaire, le plus souvent exploitée ou plutôt surexploitée, telle que la forêt du Gâvre. De fait, pour Francis Hallé, ce type de forêt a plus à voir avec une plantation qu’avec une forêt primaire…

 

Comme le dit lui-même Francis Hallé sur son site (https://www.foretprimaire-francishalle.org/), les forêts sont partout détruites. Les dernières forêts primaires équatoriales sont situées en Amazonie, dans le bassin du Congo et en Indonésie. Toutes subissent un déclin alarmant. En Europe elles ont quasiment disparu depuis 1850 et l’admirable forêt primaire de Białowieża en Pologne est la seule qui subsiste encore. Malheureusement elle est, elle aussi, en grand danger. Plus que jamais, il est urgent d’agir ! 

 

Les forêts primaires qui subsistent encore en Europe ne sont quasiment plus que des lambeaux et des reliquats situés sur des pentes escarpées, dans des secteurs montagneux inexpugnables, impossibles à exploiter raisonnablement par l’industrie forestière. Mais c’est de forêts primaires de plaine dont il est question ici. Et la  seule de quelque ampleur qui subsiste encore est la vaste forêt polonaise de Białowieża, celle-là même qui (souvenons-nous) parvint à sauver les derniers bisons d’Europe, qu’un gouvernement polonais en tout point irresponsable a osé ouvrir largement à une exploitation effrénée, et qui n’avait certes pas besoin, en outre, de faire les frais de cette ignominieuse crise des migrants instrumentalisés et coincés entre Pologne et Biélorussie, laquelle se déroule précisément là.

 

Le projet ô combien estimable de Francis Hallé mérite assurément qu’on lui porte le plus grand intérêt et que l’on soutienne, autant que faire se peut, l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire.

L'artiste

 

L’on ne saurait parler de Francis Hallé sans évoquer avec bonheur, malgré tous ces malheurs qui assaillent le vivant, ce formidable talent d’artiste, de dessinateur au trait sûr, que ce grand scientifique a la chance de posséder, un don qu’il a su mettre au service de la botanique tout au long de sa carrière et grâce auquel il peut également mieux servir la cause de la forêt primaire et des arbres en général. Un art consumé du dessin, qui sait combiner beauté harmonieuse du trait, sens aigu de l’observation et rigueur scientifique.

Cette maîtrise consommée du trait et du dessin (que l’on peut particulièrement apprécier par exemple dans son ouvrage 50 ans d'explorations et d'études botaniques en forêt tropicale, publié en 2016 par l’éditeur Museo) n‘a évidemment pas échappé à Marescot et transparaît dès le générique du film. Elle est mise à contribution avec pertinence par Francis Hallé lui-même pour son grand projet de forêt primaire, notamment sur le site Internet de son association. Et nous n’oublions pas qu’il nous en a également donné une bien belle démonstration impromptue à l’Ecole des Tritons, au moyen d’une simple craie à même la paroi d’une tente, pour expliquer que tous les arbres de la Terre se ramènent à une typologie d’en tout et pour tout vingt-quatre modèles architecturaux arborescents. Car ce dessinateur compulsif aux plus de 24 000 croquis est, peut-être avant tout, l’éminent spécialiste d’une science qui lui doit beaucoup et pour laquelle, avec quelques autres, il a fait œuvre de pionnier : l’architecture des plantes vasculaires.

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Francis Hallé a recours au dessin pour expliquer l'architecture des arbres

Il s’inscrit, ce faisant, dans la plus pure tradition de ces grands naturalistes et défenseurs de la Nature qui furent également de talentueux artistes. Tel le plus célèbre d’entre eux (d’ailleurs évoqué par une spectatrice), à savoir le peintre Jean-Jacques Audubon (1785 -1851, né à Saint-Domingue, mais en grande partie élevé à Couëron, avant de tenter l’aventure américaine avec le succès que l’on sait), le « premier ornithologue du Nouveau Monde », à la renommée bien plus grande encore outre-Atlantique, au pays de la National Audubon Society, qu’en France (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Audubon ou https://en.wikipedia.org/wiki/John_James_Audubon). Citons encore Robert Hainard (1906 – 1999) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Hainard), naturaliste et artiste suisse dont les croquis crayonnés sur le vif, les gravures et les estampes enchantèrent et inspirèrent tant de générations de lecteurs, naturalistes et amoureux de la Nature, avec notamment son fameux Mammifères sauvages d'Europe (paru en 1949 chez Delachaux et Niestlé, la célèbre maison d’édition suisse qui a offert tant de précieux compagnons aux naturalistes).

 

Enfin, l’on aura pu noter avec grand plaisir que, pour l’avoir croisé à quelque occasion au fil de sa riche carrière derrière la caméra, Luc Marescot cite dans son film à deux ou trois reprises le nom de Théodore Monod (1902 - 2000) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Théodore_Monod), une autre de ces figures scientifiques aussi éminentes qu’épatantes, à la stature de vieux sages (Monod devint quasiment culte sur le tard), inlassablement vouées à la science, à la conservation de la Nature, au salut de l’Homme. Pour Monod, ce fut tout le contraire de la forêt, puisqu’il était habité d’un amour fou pour le désert, ce Sahara qu’il parcourut presque jusqu’à son dernier souffle. Parmi ses innombrables engagements, on n’oubliera pas son combat du début des années soixante-dix qui aboutit en 1976 à la création par la Mauritanie du Parc National du Banc d’Arguin (https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_du_Banc_d’Arguin), qui permet de préserver d’infinies richesses aviennes et marines aux portes du désert, sur un tiers du littoral mauritanien.

 

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Poumon vert et Tapis rouge se termine aussi cinématographiquement qu’il avait commencé, cette fois par un plan séquence en zoom arrière, nous éloignant lentement de Hallé et Marescot juchés sur la canopée d’un géant de toute beauté de la forêt gabonaise que nous ne sommes pas prêt d’oublier. Et après avoir vu tant d’arbres majestueux et vénérables s’effondrer au sol sous l’action des tronçonneuses, comment ne pas prendre toute la mesure, à l’heure d’un changement climatique de plus en plus prégnant, de cette parole de Francis Hallé :

 « Dix jeunes arbres ne remplacent pas un vieux :

un quart de siècle au moins sera nécessaire avant que

la dépollution atmosphérique ne retrouve son niveau initial. »

 

Pour voir la bande-annonce du film :

YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=oTsZgRjLQO4

Site officiel : https://poumon-vert-et-tapis-rouge.fr/

Lettre au député Yves Daniel

Le 22 septembre 2020

 

Monsieur DANIEL, 


Vous allez bientôt examiner le projet de loi ASAP, et notamment l’article 33 qui porte sur l’avenir de l’ONF.
Cet article prévoit le remplacement d’agents fonctionnaires assermentés par des salariés de droit privé ce qui me préoccupe particulièrement. Les agents sont soumis à de nombreuses pressions et le statut de fonctionnaire me semble le plus adapté pour garantir l’intérêt général. 

De plus, cet article prévoit une modification de la gouvernance de l’ONF en réduisant le nombre de membres de son conseil d’administration qui passerait de 30 à 12 membres. Une proposition qui pourrait conduire à écarter les représentants des associations de protection de l’environnement ou encore des collectivités locales au profit des seuls intérêts économiques des acteurs de la filière forêt-bois.

Je considère que ces modifications engagent l’ONF vers la privatisation. Alors que les forêts françaises subissent de plein fouet les premiers effets des changements climatiques, il me semble, au contraire, indispensable de renforcer le service public forestier en :
- Demandant la suppression de l’article 33
- Demandant un débat de fond sur l’avenir de l’ONF et des forêts
- Incluant l’avenir de l’ONF dans le plan de relance économique afin de donner les moyens à ces agents d’effectuer correctement leur mission de service public.

Je vous invite à consulter la lettre ouverte ci-dessous :
https://docs.google.com/document/d/1xIYEbb03Cw0Q0obWYA7wWcZVJCrOPgZd/edit

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de bien vouloir recevoir l’expression de mes salutations respectueuses.

 

 

Bernard BRUNET

Co-président "Les Amis de la forêt du Gâvre"

Une action citoyenne
le dimanche 10 novembre 2019

Plusieurs membres de notre association ont participé le dimanche 10 novembre 2019 à l'opération "déchets" organisée conjointement par la Maison de la Forêt et le Pays de Blain.

Opération_déchets_10_nov_2019.png

Plus de 150 kg de déchets ont été ramassés en 2 heures, essentiellement autour du Rond-point de l'Etoile.