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Les Amis de la Forêt du Gâvre

Une sélection de nos actions, démarches, initiatives, participations...

L'AFG a participé à l'opération de réduction des déchets en forêt
du 28 novembre 2021

Cette année encore, de nombreux volontaires ont répondu présent pour débarrasser la forêt du Gâvre des déchets abandonnés aussi bien par des promeneurs indélicats que des automobilistes traversant la forêt en y jetant par la fenêtre de leur véhicule quelque souvenir inapproprié de leur passage. C’est notamment à l’appel des Amis de la Forêt et de la Maison de la Forêt que ces personnes ont ainsi donné de leur temps, dans une ambiance conviviale, de 10 h à midi le dimanche 28 novembre 2021, et ce en dépit d’une météo peu encourageante. Comme de nombreuses autres actions organisées un peu partout, cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD – pour en savoir plus : https://ewwr.eu/fra/). Les efforts se sont naturellement concentrés sur les secteurs les plus fréquentés, le Rond-point de l’Etoile au centre de la forêt et les parkings situés le long des principaux axes routiers. L’opération s’est traduite par l’enlèvement de quelque 50 kg de déchets. Un volume tout à fait significatif, mais qui permet néanmoins d’observer avec une certaine satisfaction que, d’une année sur l’autre, les volumes récupérés ont plutôt tendance à diminuer. Ce qui est évidemment heureux et témoigne de la sensibilisation croissante de nos concitoyens à la question des déchets et, plus généralement, aux questions de préservation de l’environnement et de la planète.

Enlèvement des  déchets en forêt du Gâvre - 28-11-21.jpg

Lire l'article « Notre forêt est devenue une usine à bois » réagit l’association des Amis de la forêt du Gâvre publié par Presse-Océan le 05/12/2021 :

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/notre-foret-est-devenue-une-usine-a-bois-reagit-l-association-des-amis-de-la-foret-du-gavre-4a15caf4-5395-11ec-b53a-77eefdd898ae

Droit de Réponse
Cueillette  des champignons et piétinement :
le pourquoi d'une instrumentalisation

L'association Les Amis de la Forêt du Gâvre conteste la déclaration de Monsieur Corentin LEVESQUE (rapportée dans un article du quotidien Presse Océan du 11/11/21) qui prétend que « les parcelles des jeunes semis ont du mal à se régénérer, car les piétinements écrasent les jeunes pousses. Ce piétinement serait dû à l'abondance des cueilleurs de champignons ». Cette déclaration est inacceptable pour les raisons suivantes :

 

- Pour rappel,  il n'y a pas de champignons comestibles, dignes de ce nom, comme les cèpes, les amanites, les russules, les lactaires ou les chanterelles, dans les parcelles en régénération naturelle. Car ces champignons de type mycorhizien disparaissent après la coupe rase des arbres. Seuls des champignons saprophytes peuvent apparaître pour décomposer le bois mort.

 

- Personne ne va dans ces parcelles de régénération devenues sans aucun intérêt. La biodiversité est mise à mal. Plus d'insectes, plus d'amphibiens, etc.

 

- La méthode de la futaie régulière (où les arbres ont tous le même âge) actuellement mise en place par l'ONF, consiste à  intervenir dans chaque parcelle tous les 6 ans, en passant du semis à la phase finale qui est la coupe rase. N'importe qui peut constater qu'aucune parcelle n'est oubliée. Il suffit de remarquer les arbres qui portent un trait rouge, sélectionnés pour l’abattage. Et depuis 2008 (début du nouveau plan de gestion prévu pour 20 ans), il y en a de plus en plus. Les interventions mécaniques tassent le terrain et ce n'est pas un simple piétinement !!!

 

A chaque fois qu'une coupe, même partielle, a  lieu, les champignons disparaissent au fur et à mesure, il ne reste qu'un amas de  branches qui décourage le public. Il y a pire encore : le fait d'éclaircir les parcelles  augmente  la luminosité et dans de nombreuses parcelles on ne voit que de grandes herbes  (la molinie)  et des joncs. Là encore plus rien ne pousse, même pas les champignons, sauf quelques saprophytes dont la majorité n’est pas comestible.

 

Une autre méthode de gestion,  plus respectueuse de la biodiversité, éviterait ce problème : la futaie irrégulière. Elle permettrait d'assurer un couvert permanent avec la canopée des arbres, en abandonnant la coupe rase.  Laurent TILLON,  ingénieur chargé de mission Biodiversité à l'ONF, recommande cette méthode.

 

Cette déclaration de l'ONF n'est qu'un prétexte pour empêcher le public de venir en forêt. Or cette forte affluence ne se produit que pendant une trentaine de jours dans l’année, correspondant à la période de pousse des cèpes.

 

L'ONF envisage également de fermer l'accès aux parkings (aires de débardage) situés sur les routes départementales pour limiter encore l'accès du public. Il est même envisagé de fermer certaines routes forestières  si les collectivités ne participent pas à leur entretien.

Notre forêt n'est devenue qu'une usine à bois. Seul l'intérêt pécuniaire compte.

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Article Presse-Océan du 11/11/2021

L'AFG AU CINEMA SAINT-LAURENT

POUR LE FILM

POUMON VERT ET TAPIS ROUGE

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Sur scène pour la présentation du film

La soirée

 

Sollicitée par l’équipe du Cinéma Saint-Laurent de Blain à l’occasion de la reprise de sa formule de ciné-débat du lundi en présence d’un réalisateur, l’AFG a répondu présente le lundi 15 novembre 2021 pour la projection en soirée du film Poumon vert et Tapis rouge, sorti en septembre 2021. On l’a compris, il est question de forêt(s).

 

Rémi Valais, photographe et vidéaste professionnel à Guenrouët, n’a pas eu à regretter d’avoir proposé cette idée au Cinéma Saint-Laurent et d’avoir ainsi fait venir son ami, le réalisateur Luc Marescot en « tournée » de présentation de son film, puisqu’il y eut – à la grande satisfaction de tous – pas moins de cent-vingt spectateurs à cette séance du lundi. A n’en pas douter, très largement un public d’amoureux de la Nature et des forêts, et notamment de la forêt du Gâvre, au nombre desquels, bien sûr, de nombreux membres de l’AFG.

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Luc Marescot répond aux questions

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Les questions ne manquèrent pas après le film et c’est ainsi que les fructueux échanges se prolongèrent fort tard, d’autant que le réalisateur, particulièrement sympathique et décontracté, a le verbe facile. Nettement plus en tout cas que son grand ami de longue date (et, en quelque sorte, invité-surprise de la soirée) venu l’accompagner pour l’occasion et qui n’était autre que l’artiste talentueux qui a signé la musique du film (constituée à la fois de créations nouvelles et de morceaux déjà  existants), à savoir le musicien bien connu Alan Simon.

Luc Marescot et (à droite) Alan Simon

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Alan Simon (né à Nantes en 1964) est un artiste aux multiples talents, tout à la fois musicien auteur-compositeur, interprète, compositeur pour le cinéma, auteur de contes, romans, BD,  réalisateur d’un film et de clips musicaux). Les thèmes de prédilection de son œuvre éclectique pour laquelle il a su mobiliser la collaboration de nombreux artistes reconnus, musiciens ou non, d’horizons variés et souvent de niveau international, se réfèrent surtout à la culture celtique bretonne et à la défense de l’environnement. Alan Simon s’est principalement illustré dans le rock celtique et le rock progressif, et imposé par la création d’opéras rock. L’on peut citer notamment Excalibur, La légende des Celtes (succès considérable qui fit de lui un artiste de renom, à la carrière internationale ; ont suivi Excalibur II, L’Anneau des Celtes en 2007, Excalibur III, Les Origines en 2012 et Excalibur IV, The Dark Age of the Dragon en 2017), Gaïa, Anne de Bretagne, Tristan et Yseult et la fresque historique musicale Chouans.

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Simon

Alan Simon

L’ASPAS, l’ASsociation pour la Protection des Animaux Sauvages, était également présente à cette soirée à travers une représentante qui a pu lire sur scène un texte de présentation de cette association qui oeuvre depuis longtemps déjà à la protection animale.

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L’ASPAS est une importante association reconnue d’utilité publique, 100 % indépendante, fonctionnant volontairement sans subvention et donc uniquement grâce aux cotisations et aux dons, qui œuvre concrètement depuis déjà longtemps (près de 40 ans) et avec beaucoup de conviction et d’efficacité à la protection des animaux sauvages, de ces « sans-voix de la faune sauvage, les espèces jugées insignifiantes, encombrantes, ou persécutées par la chasse. » Pour reprendre ses termes, elle « mobilise l’opinion publique, interpelle les élus et sensibilise tous les publics à la nécessité de protéger les milieux et les espèces ». A cet effet, elle dispose de compétences juridiques très affûtées (plus de 3500 procédures devant les tribunaux) et apporte son savoir-faire et son concours, face à un maquis réglementaire dont la complexité est maintenue à dessein, à tous ceux qui souhaitent faire de leur propriété un territoire sans chasse en y créant une Réserve de Vie Sauvage® (rappelons également la possibilité, proposée par la Ligue de Protection des Oiseaux de créer, selon un mode sensiblement différent, des Refuges LPO). Pour en savoir plus : https://www.aspas-nature.org/

Luc Marescot est un professionnel de l’image très chevronné, puisque c’est lui qui, vingt-deux ans durant, accompagna à la caméra Nicolas Hulot au fil de ses pérégrinations à travers le globe pour ses célèbres émissions Ushuaia Nature. Cela fait plus de trente qu’il fait du documentaire de nature, soit des dizaines de documentaires au compteur. Il a notamment œuvré au film 700 requins dans la nuit (nominé aux Emmy Awards 2019) réalisé par Laurent Ballesta, biologiste, plongeur et photographe sous-marin.

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Luc Marescot, Alan Simon et Rémi Valais

en ombres chinoises

Le film

 

Le film reflète l’optimisme et le dynamisme de son réalisateur qui s’accroche de toutes ses forces à son rêve de réaliser sur le mode de la fiction et même du thriller écologique – pour aller au-delà des convaincus et toucher, par le sentiment et l’émotion, un plus vaste public – un film qui apportera sa pierre à la dénonciation urgentissime de la destruction forcenée des forêts primaires dans toutes les régions équatoriales et tropicales.

 

Poumon vert et Tapis rouge est de ces oeuvres où l’on suit le protagoniste principal s’évertuer à monter une pièce de théâtre, un spectacle, une comédie musicale ou, donc ici, un film. Pour ce faire, Marescot n’est certes pas le premier à opter pour le procédé du film dans le film et de la mise en abyme – on le voit mobiliser des extraits de tournages précédents, tourner des scènes (au moins à titre préparatoire), créer un teaser pour intéresser les producteurs, etc. Mais il le fait avec une telle énergie et un tel volontarisme qu’il force l’admiration et que l’on ne se lasse pas trop de retrouver sa « binette » dans la plupart des plans, d’autant que l’humour, voire la dérision, n’est jamais très loin et que l’on perçoit ce qu’il nous a d’ailleurs dit lors du débat, à savoir qu’il n’est pas aussi naïf qu’il y parait, à s’aventurer comme il le fait dans un monde dont il ne possède ni les codes ni les réseaux, ce monde du cinéma de fiction et de long métrage qui est manifestement sensiblement éloigné de celui du documentaire, qui plus est de nature.

 

C’est ainsi que l’on suit l’auteur dans son parcours du combattant aux multiples péripéties et tribulations, au fil de ses rencontres avec tous ceux (amis, connaissances ou autres « pointures du métier », souvent approchées au culot ou à force d’insister) dont il sollicite le concours et escompte conseils, avis, appuis, coups de pouce, tels Nicolas Hulot, Antoine de Maximy, Édouard Baer, Claude Lelouch, Juliette Binoche, Jacques Perrin, Jérôme Salle, Thierry Frémaux… Sans oublier l’irrépressible appel d’Hollywood qui n’est pourtant pas en manque, puisque la Writers Guild y enregistre déjà les scénarii au rythme effréné de quelque 70-80 000 nouveaux dépôts par an !

 

Le film est ponctué par le retour régulier du cinéaste à son camp de base, son antre en bordure de la forêt de Brocéliande où il peaufine son scénario, « panse » ses déconvenues et prépare le coup suivant, son « next move ». Il est surtout scandé, sur un mode beaucoup plus dramatique par la chute d’arbres majestueux de la forêt équatoriale d’Amazonie, d’Afrique, d’Indonésie ou de Nouvelle-Guinée, dans le bruit des engins de destruction. Les Indiens amazoniens, Papous et autres peuples autochtones habitant ces forêts  se retrouvent, entre désarroi et colère, dans la lutte bien inégale du « pot de terre contre le pot de fer ». L’image sans conteste la plus poignante est celle de cet orang-outang qui, l’espace d’une scène, s’en prend à l’un de ces monstres d’acier, avant de devoir en descendre et battre en retraite.

 

Mais le film, c’est aussi (et peut-être même avant tout) la personnalité paisible et apaisante de Francis Hallé. Marescot connaît ce grand botaniste d’envergure internationale depuis qu’il le rencontra pour un tournage, il y a longtemps déjà,  à l’occasion de cette grande aventure scientifique, si innovante, que fut le Radeau des Cimes. C‘est ainsi qu’a cheminé et mûri l’idée de faire de ce scientifique défenseur de toujours des forêts primaires équatoriales et tropicales le héros d’un grand film de fiction susceptible de sensibiliser le plus grand nombre à cette cause d’importance. Au fil de l’évolution du scénario, le Francis Hallé de fiction est devenu un personnage qui a plus à voir, quoique sur un mode très contemporain, avec un héros à la Jules Verne, façon Némo ou même Robur le Conquérant (qui était justement doté d’une redoutable machine volante).

 

Quoi qu’il en soit, si le projet a rapidement séduit Francis Hallé, lorsqu’il s’agit de traduire en images les mots que le créateur couche sur le papier – et qui ne coûtent rien –, l’on peut très vite se retrouver avec des sommes impressionnantes à trouver, en l’occurrence une bonne  quarantaine de millions tout de même, pour un pari que seuls des professionnels anglo-saxons peuvent actuellement se permettre, du moins si vous arrivez à les rassurer en démontrant que vous avez déjà une expérience probante dans le long métrage et que vous avez des amis et des associés aux poches profondes. Que The Botanist se concrétise un jour ou pas, cet objet filmique tout à la fois improbable et épatant qu’est Poumon vert et Tapis rouge existe bel et bien, lui, une œuvre qui nous donne à voir la beauté de la Nature et toute l’horreur de sa destruction, et où la vraie jungle (peut-on dire, mais sans trop de surprise) est celle de l’industrie cinématographique, puisque l’on sait bien que si le cinéma est un art, c’est aussi (surtout ?) une industrie. 

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Le botaniste

 

Francis Hallé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Hallé) est donc ce scientifique français de renommée mondiale qui a consacré sa vie à l’étude des forêts primaires, principalement dans les régions équatoriales et tropicales. Ses multiples recherches et missions depuis le début des années soixante l’ont conduit aux quatre coins de la Terre. Il a collaboré avec de prestigieuses universités et institutions, reçu de nombreuses distinctions, rédigé un nombre impressionnant d’études, d’articles et d’ouvrages, participé à quantité de conférences et d’échanges. Quoique désormais octogénaire, il continue inlassablement de  défendre les forêts primaires où qu’elles soient, dans l’hémisphère nord comme dans l’hémisphère sud, toujours prêt à prendre son bâton de pèlerin pour porter la bonne parole. Ainsi le voit-on, dans le film, à Brocéliande et à Groix. Et ainsi a-t-on pu l’approcher ici même, dans notre région blinoise, en juin 2021.

Francis Hallé

Toujours curieux, ouvert et soucieux de transmettre la passion d’une vie, il est venu passer plusieurs jours à l’Ecole des Tritons, sur Notre-Dame-des-Landes. Une école qui tire son nom de ces sympathiques petits batraciens qui en sont venus à symboliser la célèbre lutte menée sur ces terres parce qu’ils y vivent en nombre, grâce à l’incroyable réseau de mares, de prairies humides, de haies et de bois qui assurent l’inestimable intérêt naturaliste de ce bocage résiduel. Une école qui a bénéficié d’un financement participatif réussi et soutenu par de nombreuses associations (telles que la LPO, Bretagne Vivante et Greenpeace) et de non moins nombreuses personnalités d’horizons divers. Une école de la nature encore en devenir et qui, à travers le vaste éventail de ses activités librement ouvertes à tous, vise à permettre à tout un chacun de comprendre, aimer et défendre le bocage pour qu’il perdure – car il ne suffit pas d’empêcher un trésor de biodiversité d’être transformé en tarmac stérile, encore faut-il continuer de le préserver et de le faire vivre.

Mais si Francis Hallé est venu dans ce bocage préservé, c’est avant tout pour soutenir le lancement des  « Noues Qui Poussent » en ce début juin (ce qui a permis à la presse de s’en faire l’écho), un projet original (https://naturalistesenlutte.wordpress.com/) porté par les Naturalistes en Lutte et les habitants du secteur (les NEL ont procédé à un inventaire complet de la flore et de la faune du bocage, restitué en 2016 dans le numéro spécial 223-224 de Penn Ar Bed, la revue de Bretagne Vivante). Il s’agit à présent ici de "protéger et accroître la diversité des habitats écologiques de la zone, développer des activités pédagogiques autour de la biodiversité et développer des expérimentations en agro-écologie associées aux enjeux naturalistes". Et ce, dans un périmètre constitué à 76 % de parcelles humides (prairies, etc.) couvrant 60 hectares quasiment préservés de toute activité humaine pendant une bonne dizaine d’années (en raison, bien sûr, du projet d‘aéroport) sur Vigneux-de-Bretagne et Notre-Dame-des-Landes. Comme le dit Francis Hallé, « si cela marche bien, et c’est déjà bien parti, vous aurez là une sorte de vitrine où les gens des environs vont venir voir ce qu’il faut faire pour retrouver une forêt ». 

Ce séjour a également permis à Francis Hallé de parler à bâtons rompus du projet qui lui tient tant à cœur et pour lequel il a créé une association spécifique disposant d’un site dédié : recréer de toutes pièces (cela prendra quelque mille ans) ou en partant d’une forêt secondaire (sept ou huit cents ans « suffiront » alors)  une véritable forêt primaire de plaine de climat tempéré, en Europe occidentale, de préférence transfrontalière, à cheval sur plusieurs pays dont la France (ceci réduisant le risque de voir tel ou tel pays réduire ses engagements ou renoncer). Un projet fou, pour les générations futures, qui nécessite au moins 70 000 hectares et qui en dit long sur l’urgence de la situation.

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A bâtons rompus avec Francis Hallé à l'Ecole des Tritons

C’est le temps et l’espace qu’il faut pour retrouver l’incomparable biodiversité d’une véritable forêt primaire, une richesse qui n’a rien à voir – on le conçoit aisément – avec ce qu’a à offrir une forêt secondaire, le plus souvent exploitée ou plutôt surexploitée, telle que la forêt du Gâvre. De fait, pour Francis Hallé, ce type de forêt a plus à voir avec une plantation qu’avec une forêt primaire…

 

Comme le dit lui-même Francis Hallé sur son site (https://www.foretprimaire-francishalle.org/), les forêts sont partout détruites. Les dernières forêts primaires équatoriales sont situées en Amazonie, dans le bassin du Congo et en Indonésie. Toutes subissent un déclin alarmant. En Europe elles ont quasiment disparu depuis 1850 et l’admirable forêt primaire de Białowieża en Pologne est la seule qui subsiste encore. Malheureusement elle est, elle aussi, en grand danger. Plus que jamais, il est urgent d’agir ! 

 

Les forêts primaires qui subsistent encore en Europe ne sont quasiment plus que des lambeaux et des reliquats situés sur des pentes escarpées, dans des secteurs montagneux inexpugnables, impossibles à exploiter raisonnablement par l’industrie forestière. Mais c’est de forêts primaires de plaine dont il est question ici. Et la  seule de quelque ampleur qui subsiste encore est la vaste forêt polonaise de Białowieża, celle-là même qui (souvenons-nous) parvint à sauver les derniers bisons d’Europe, qu’un gouvernement polonais en tout point irresponsable a osé ouvrir largement à une exploitation effrénée, et qui n’avait certes pas besoin, en outre, de faire les frais de cette ignominieuse crise des migrants instrumentalisés et coincés entre Pologne et Biélorussie, laquelle se déroule précisément là.

 

Le projet ô combien estimable de Francis Hallé mérite assurément qu’on lui porte le plus grand intérêt et que l’on soutienne, autant que faire se peut, l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire.

L'artiste

 

L’on ne saurait parler de Francis Hallé sans évoquer avec bonheur, malgré tous ces malheurs qui assaillent le vivant, ce formidable talent d’artiste, de dessinateur au trait sûr, que ce grand scientifique a la chance de posséder, un don qu’il a su mettre au service de la botanique tout au long de sa carrière et grâce auquel il peut également mieux servir la cause de la forêt primaire et des arbres en général. Un art consumé du dessin, qui sait combiner beauté harmonieuse du trait, sens aigu de l’observation et rigueur scientifique.

Cette maîtrise consommée du trait et du dessin (que l’on peut particulièrement apprécier par exemple dans son ouvrage 50 ans d'explorations et d'études botaniques en forêt tropicale, publié en 2016 par l’éditeur Museo) n‘a évidemment pas échappé à Marescot et transparaît dès le générique du film. Elle est mise à contribution avec pertinence par Francis Hallé lui-même pour son grand projet de forêt primaire, notamment sur le site Internet de son association. Et nous n’oublions pas qu’il nous en a également donné une bien belle démonstration impromptue à l’Ecole des Tritons, au moyen d’une simple craie à même la paroi d’une tente, pour expliquer que tous les arbres de la Terre se ramènent à une typologie d’en tout et pour tout vingt-quatre modèles architecturaux arborescents. Car ce dessinateur compulsif aux plus de 24 000 croquis est, peut-être avant tout, l’éminent spécialiste d’une science qui lui doit beaucoup et pour laquelle, avec quelques autres, il a fait œuvre de pionnier : l’architecture des plantes vasculaires.

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Francis Hallé a recours au dessin pour expliquer l'architecture des arbres

Il s’inscrit, ce faisant, dans la plus pure tradition de ces grands naturalistes et défenseurs de la Nature qui furent également de talentueux artistes. Tel le plus célèbre d’entre eux (d’ailleurs évoqué par une spectatrice), à savoir le peintre Jean-Jacques Audubon (1785 -1851, né à Saint-Domingue, mais en grande partie élevé à Couëron, avant de tenter l’aventure américaine avec le succès que l’on sait), le « premier ornithologue du Nouveau Monde », à la renommée bien plus grande encore outre-Atlantique, au pays de la National Audubon Society, qu’en France (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Audubon ou https://en.wikipedia.org/wiki/John_James_Audubon). Citons encore Robert Hainard (1906 – 1999) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Hainard), naturaliste et artiste suisse dont les croquis crayonnés sur le vif, les gravures et les estampes enchantèrent et inspirèrent tant de générations de lecteurs, naturalistes et amoureux de la Nature, avec notamment son fameux Mammifères sauvages d'Europe (paru en 1949 chez Delachaux et Niestlé, la célèbre maison d’édition suisse qui a offert tant de précieux compagnons aux naturalistes).

 

Enfin, l’on aura pu noter avec grand plaisir que, pour l’avoir croisé à quelque occasion au fil de sa riche carrière derrière la caméra, Luc Marescot cite dans son film à deux ou trois reprises le nom de Théodore Monod (1902 - 2000) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Théodore_Monod), une autre de ces figures scientifiques aussi éminentes qu’épatantes, à la stature de vieux sages (Monod devint quasiment culte sur le tard), inlassablement vouées à la science, à la conservation de la Nature, au salut de l’Homme. Pour Monod, ce fut tout le contraire de la forêt, puisqu’il était habité d’un amour fou pour le désert, ce Sahara qu’il parcourut presque jusqu’à son dernier souffle. Parmi ses innombrables engagements, on n’oubliera pas son combat du début des années soixante-dix qui aboutit en 1976 à la création par la Mauritanie du Parc National du Banc d’Arguin (https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_du_Banc_d’Arguin), qui permet de préserver d’infinies richesses aviennes et marines aux portes du désert, sur un tiers du littoral mauritanien.

 

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Poumon vert et Tapis rouge se termine aussi cinématographiquement qu’il avait commencé, cette fois par un plan séquence en zoom arrière, nous éloignant lentement de Hallé et Marescot juchés sur la canopée d’un géant de toute beauté de la forêt gabonaise que nous ne sommes pas prêt d’oublier. Et après avoir vu tant d’arbres majestueux et vénérables s’effondrer au sol sous l’action des tronçonneuses, comment ne pas prendre toute la mesure, à l’heure d’un changement climatique de plus en plus prégnant, de cette parole de Francis Hallé :

 « Dix jeunes arbres ne remplacent pas un vieux :

un quart de siècle au moins sera nécessaire avant que

la dépollution atmosphérique ne retrouve son niveau initial. »

 

Pour voir la bande-annonce du film :

YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=oTsZgRjLQO4

Site officiel : https://poumon-vert-et-tapis-rouge.fr/

Une lettre au député Yves Daniel

Le 22 septembre 2020

 

Monsieur DANIEL, 


Vous allez bientôt examiner le projet de loi ASAP, et notamment l’article 33 qui porte sur l’avenir de l’ONF.
Cet article prévoit le remplacement d’agents fonctionnaires assermentés par des salariés de droit privé ce qui me préoccupe particulièrement. Les agents sont soumis à de nombreuses pressions et le statut de fonctionnaire me semble le plus adapté pour garantir l’intérêt général. 

De plus, cet article prévoit une modification de la gouvernance de l’ONF en réduisant le nombre de membres de son conseil d’administration qui passerait de 30 à 12 membres. Une proposition qui pourrait conduire à écarter les représentants des associations de protection de l’environnement ou encore des collectivités locales au profit des seuls intérêts économiques des acteurs de la filière forêt-bois.

Je considère que ces modifications engagent l’ONF vers la privatisation. Alors que les forêts françaises subissent de plein fouet les premiers effets des changements climatiques, il me semble, au contraire, indispensable de renforcer le service public forestier en :
- Demandant la suppression de l’article 33
- Demandant un débat de fond sur l’avenir de l’ONF et des forêts
- Incluant l’avenir de l’ONF dans le plan de relance économique afin de donner les moyens à ces agents d’effectuer correctement leur mission de service public.

Je vous invite à consulter la lettre ouverte ci-dessous :
https://docs.google.com/document/d/1xIYEbb03Cw0Q0obWYA7wWcZVJCrOPgZd/edit

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de bien vouloir recevoir l’expression de mes salutations respectueuses.

 

 

Bernard BRUNET

Co-président "Les Amis de la forêt du Gâvre"

Une action citoyenne
le dimanche 10 novembre 2019

Plusieurs membres de notre association ont participé le dimanche 10 novembre 2019 à l'opération "déchets" organisée conjointement par la Maison de la Forêt et le Pays de Blain.

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Plus de 150 kg de déchets ont été ramassés en 2 heures, essentiellement autour du Rond-point de l'Etoile.