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Les Amis de la Forêt du Gâvre

Les AFG ont participé à l'opération de réduction des déchets en forêt
du 28 novembre 2021

Cette année encore, de nombreux volontaires ont répondu présent pour débarrasser la forêt du Gâvre des déchets abandonnés aussi bien par des promeneurs indélicats que des automobilistes traversant la forêt en y jetant par la fenêtre de leur véhicule quelque souvenir inapproprié de leur passage. C’est notamment à l’appel des Amis de la Forêt et de la Maison de la Forêt que ces personnes ont ainsi donné de leur temps, dans une ambiance conviviale, de 10 h à midi le dimanche 28 novembre 2021, et ce en dépit d’une météo peu encourageante. Comme de nombreuses autres actions organisées un peu partout, cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD – pour en savoir plus : https://ewwr.eu/fra/). Les efforts se sont naturellement concentrés sur les secteurs les plus fréquentés, le Rond-point de l’Etoile au centre de la forêt et les parkings situés le long des principaux axes routiers. L’opération s’est traduite par l’enlèvement de quelque 50 kg de déchets. Un volume tout à fait significatif, mais qui permet néanmoins d’observer avec une certaine satisfaction que, d’une année sur l’autre, les volumes récupérés ont plutôt tendance à diminuer. Ce qui est évidemment heureux et témoigne de la sensibilisation croissante de nos concitoyens à la question des déchets et, plus généralement, aux questions de préservation de l’environnement et de la planète.

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IL ETAIT UNE FORET… AVEC LES AFG A ORVAULT

 

Le 7 mars 2022, les Amis de la Forêt du Gâvre ont une nouvelle fois eu l’occasion de participer à une séance de cinéma axée sur la forêt et ainsi d’alerter et de faire passer auprès des spectateurs présents nos légitimes préoccupations concernant la forêt du Gâvre et plus largement l’ensemble des forêts françaises.

 

Le film

 

Le 15 novembre 2021, il s’agissait (au cinéma de Blain, en présence du réalisateur et de son musicien) du film de Luc Marescot, Poumon vert, Tapis rouge (voir ici), sorti à l’automne 21. Cette fois-ci, la soirée portait sur un film sorti en 2013, Il était une forêt, écrit et réalisé par un autre Luc, Luc Jacquet (Oscar du meilleur film documentaire en 2006 pour La Marche de l’Empereur ; entre autres réalisations : Le Renard et l’Enfant en 2007 et La Glace et le Ciel en 2015).

 

Une fois encore, l’itinéraire d’un réalisateur a croisé celui de Francis Hallé, scientifique de renommée mondiale, pionnier de l’étude de l’architecture des arbres, qui a voué sa vie aux forêts primaires, et plus particulièrement aux forêts primaires équatoriales et tropicales.

 

Et une fois encore le réalisateur est devenu l’ami du scientifique et n’a pu qu’être séduit par sa personnalité particulièrement attachante. Luc Jacquet aussi a tenu à ce que Francis Hallé apparaisse dans son film, et lui aussi  a su exploiter et donner à voir son remarquable talent de dessinateur. Il est assurément exceptionnel que l’esprit scientifique et l’esprit artistique se conjuguent à un tel degré et avec un tel bonheur en un seul homme, pour le plus grand bénéfice des recherches qu’il mène comme de la cause qu’il défend.

 

Cela faisait quelque vingt ans que Francis Hallé cherchait à intéresser producteurs et créateurs à un projet d’ampleur sur les forêts primaires. Jacquet fut la bonne rencontre. Leur étroite collaboration  et leur partage des tâches ont clairement porté leur fruit, grâce aussi à la musique d’Eric Neveux et à la chanson d’Emily Loizeau. Et il convient de souligner combien la qualité des effets spéciaux restituant la beauté et la rigueur des dessins du scientifique sert admirablement le propos.

 

Le film s’attache à montrer l’évolution d’une forêt tropicale et les multiples interactions entre les animaux qui y vivent et les arbres, des toutes premières plantules jusqu’aux arbres vénérables qui finissent un jour par s’effondrer, laissant soudainement un grand trou de lumière dans la canopée, une clairière promesse de renouvellement. Un long processus qui nécessite au moins sept à huit cents ans jusqu’à l’obtention de la biomasse et la biodiversité maximales d’une forêt primaire.

 

Parmi toutes ces belles images (tournées en Amazonie péruvienne et au Gabon) où les effets spéciaux permettent souvent d’entremêler avec poésie plantes réelles et plantes dessinées, l’on retiendra notamment les séquences d’ouverture et de clôture centrées sur un géant de la forêt, un moabi d’une ampleur considérable – au milieu de la vaste cime sur laquelle Francis Hallé s'est juché pour dessiner au mieux les merveilles de la Nature.

 

Cette soirée était organisée par la jeune association CinéCens, un ciné-club créé en 2021 et qui, pour ses séances, bénéficie du Théâtre de la Gobinière, la belle salle de spectacle municipale de 203 places qui fait partie du Centre culturel de la Gobinière établi dans le parc du château du même nom et à deux pas de celui-ci.  

 

Le débat

 

La soirée était donc consacrée à la forêt : la forêt primaire (équatoriale ou tropicale) à travers la projection du film retenu, puis la forêt de feuillus de nos régions, et plus particulièrement la forêt du Gâvre et ses problèmes, dans le deuxième temps de la soirée, consacré au débat. Celui-ci fut certes courtois, mais néanmoins soutenu, voire intense, comme l’avait laissé deviner le temps des présentations avant le film.

 

Que tous les membres de notre association qui avaient fait le déplacement pour assister à cette soirée soient ici remerciés pour leur présence, leur soutien, leurs questions et interventions.

 

Sur la scène, les échanges se succédèrent assez longuement entre, d’une part, les deux coprésidents des AFG et, d’autre part, Nicolas Jannault qui est, depuis avril 2021, le directeur de l’Agence territoriale Pays de la Loire de l’ONF. Depuis la salle, en « renfort » de celui-ci, intervint également le directeur du Centre régional de la propriété forestière Bretagne – Pays de la Loire (CNPF) dont la vocation est d’aider les propriétaires forestiers privés à gérer leurs bois et forêts.

 

Ces présences inédites attestent, s’il en était besoin, de la nécessité pour l’ONF d’essayer de pallier à une image de plus en plus dégradée et de contrer autant que faire se peut dans le champ de la communication l’action déployée par les Amis de la Forêt du Gâvre…

 

Ces échanges furent naturellement pour nous l’occasion de passer en revue les divers maux qui accablent le massif du Gâvre : la logique de l’usine à bois, avec ses coupes rases, ses étendues de molinie bleue, son enrésinement qui ne cesse de gagner, ses machines surdimensionnées et ses mètres cubes trop importants de bois coupé ; la superficie dérisoire des parcelles en sénescence et en vieillissement, la disparition programmée des arbres de plus de cent ans, la coupe « sanitaire » des Chêtelons et les menaces avérées sur le Parcours de santé ; l’exploitation en futaie régulière encore et toujours,  malgré tous ses travers, au lieu d’opter résolument pour la futaie dite irrégulière ou jardinée ; le concept de multifonctionnalité volontiers mis en avant par l’ONF, qui bien souvent relève davantage d’une communication en trompe-l’œil  que de la réalité. L’ONF s’efforce, en quelque sorte, de donner le change et de faire comme si tout allait bien, ou presque (comme pendant le confinement : surtout, restez chez vous, on s’occupe de tout).

 

Comme si l’on pouvait être dupe…

 

Comme si plus l’on parle de biodiversité et d’accueil du public, et plus ces deux éléments étaient vraiment favorisés et développés, alors que, dans les faits, la primauté est bien donnée à la production de bois.

 

Comme si la coupe des vieux arbres pouvait favoriser sérieusement la préservation et le maintien des espèces forestières, animales aussi bien que végétales, le développement de la biomasse, la santé et la richesse des écosystèmes forestiers.

 

Comme si ce qui est visé n’était pas de limiter l’accès du public à certains secteurs précis, à commencer par le rond-point de l’Etoile, et même de restreindre ou fermer l’accès à certaines voies forestières (l’idée étant d’inciter les municipalités/collectivités à mettre la main à la poche…) et à certaines aires de stationnement (dès lors réservées aux seuls exploitants forestiers).

 

Comme s’il n‘y avait pas un énorme malaise des personnels de l’ONF, se traduisant même par des suicides à répétition liés aux mutations accélérées et à la perte de sens des métiers et des missions, comme s’il n’y avait pas de moins en moins de CDI et de plus en plus de contractuels, et que les personnels n’avaient pas manifesté à Tronçais en 2018 et à nouveau devant le siège de l’ONF le 25/11/21.

 

Comme si, en vérité, le malaise et le mécontentement n’étaient pas ressentis par tous les usagers de la forêt : les naturalistes et les écologistes, les populations locales, les municipalités et les élus, le grand public venant de la métropole nantaise et d’ailleurs, les agents forestiers de l’ONF, jusqu’aux exploitants forestiers et aux scieries…

 

Les justes motifs du malaise et du mécontentement

 

Sachant que les forêts domaniales ne représentent que 9 % des forêts françaises, que la proportion des forêts domaniales de l’Ouest de la France par rapport à l’ensemble des forêts françaises est évidemment encore plus faible et que la forêt du Gâvre est la seule forêt domaniale de Loire-Atlantique, l’on pourrait s’attendre à ce que l’ONF modère ici son appétit de bois et inverse significativement l’ordre des priorités, en priorisant la défense de la biodiversité et l’accueil du public, c’est-à-dire le maintien d’une forêt vraiment digne de ce nom, conforme à ce que l’on est en droit d’attendre d’une forêt domaniale – autrement dit, au final, publique, quand bien même il s’agit de ce « particularisme » du droit public français qu’est le domaine privé de l’Etat – où tout un chacun peut se promener et se détendre au milieu d’une abondance d’arbres feuillus de belle taille, matures et anciens, où les arbres de 100 ans, 200 ans ou 270 ans ne sont pas une exception « parquée » dans quelques ilots de vieillissement ou de sénescence, où l’on admet qu’un chêne peut vivre bien plus longtemps et être préservé en conséquence, où il n’est pas nécessaire de crapahuter pendant des heures à travers bois pour avoir quelque chance d’apercevoir, fugacement, la silhouette d’un cerf ou d’une biche.

 

Eh bien, pour l’heure il n’en est rien, malheureusement. L’ONF entend s’en tenir à sa bible, le plan d’aménagement en vigueur, courant sur vingt ans (« Révision d’Aménagement forestier 2008-2027 », approuvé le 25/10/10). Et ce, malgré le fait que la donne a  largement changé, qu’il s’agisse de l’effondrement de la biodiversité, du changement climatique, des attentes plus affirmées que jamais du public, usagers comme citoyens, en matière d’écologie et de bonne gouvernance. Les amendements pouvant être apportés à ce plan en cours de route – tel que, par exemple, un léger accroissement de la superficie des parcelles en vieillissement – restent trop à la marge. L’ONF continue trop souvent de se comporter en propriétaire, alors qu’il n’est que le gestionnaire des forêts domaniales. Malgré les subsides de l’Etat, la logique délétère de l’EPIC (Etablissement public à caractère industriel et commercial) force l’ONF à tout faire pour s’autofinancer, se rentabiliser. Le résultat est que la multifonctionnalité mise en avant par l’ONF, censée se traduire par un relatif équilibre entre ses diverses missions, ne marche pas dans la pratique, puisque, le plus souvent, ce sont bien les impératifs de production qui ont la main et demeurent prioritaires. Toutes choses dont ne peuvent se satisfaire de nombreux personnels de l’ONF pour qui, sur le terrain, c’est souvent quasiment mission impossible.

 

Ce que dit très clairement, dans un article du Monde du 01/12/21 un agent forestier dont nous avons cité quelques-uns des propos lors du débat : « Il faut assurer la protection des écosystèmes, conseiller les communes, permettre l’accessibilité des forêts et l’accueil du public, faire la police de l’environnement, surveiller les coupes… Mais, dans les faits, tout est mis sur la production de bois au détriment des autres missions ». La multifonctionnalité : « un casse-tête sur le terrain », comme le dit Le Monde.

 

Une information sortie quasiment le jour même de la soirée est venue tristement en conforter la pertinence, une étude publiée dans la célèbre revue scientifique Nature et dont les conclusions n’ont pu que navrer profondément Francis Hallé : l’on assiste à une « perte prononcée de la résilience de la forêt amazonienne depuis le début des années 2000 », une résilience qui se définit comme « la capacité de la forêt amazonienne à retrouver un état stable après des perturbations telles que des événements climatiques ou des sécheresses » ; et cette capacité est particulièrement mise à mal « dans les zones les plus sèches et celles où l’activité humaine est la plus intense », à commencer par la partie brésilienne de l’Amazonie.

 

En conclusion

 

Le public aura ainsi pu, par delà le visionnage d’un beau film qui donne à voir et à réfléchir, se faire une idée plus précise de la pertinence des « argumentaires » respectifs de l’ONF et des Amis de la Forêt du Gâvre, étant entendu que nous avons toute raison de penser qu’une très large majorité de la salle a abondé dans notre sens…

 

Rappelons enfin, pour conclure, que le beau parc arboré de la Gobininère qui nous accueillait offre à la vue plusieurs arbres remarquables, de même que, non loin de là, au Pont du Cens, les espaces paysagers originaux et très arborés du jardin municipal nantais de la Gaudinière ; que la coulée verte de la vallée du Cens est un espace de verdure et de biodiversité de premier plan de la métropole nantaise, dont la valorisation et la préservation doivent évidemment perdurer ; et que l’emblème d’Orvault, tel qu’il figure dans le logo de la commune, est un chêne, un de ces chênes de bel âge que l’on aimerait pouvoir continuer d’admirer longtemps encore dans une forêt du Gâvre en proie aux excès productivistes d’une exploitation forestière qui marche passablement « sur la tête », alors même que (pour reprendre le titre d’un reportage récent d’Envoyé spécial sur France 2) la forêt française – et avec elle l’ONF – a « la gueule de bois ».

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Lire l'article « Notre forêt est devenue une usine à bois » réagit l’association des Amis de la forêt du Gâvre publié par Presse-Océan le 05/12/2021 :

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/notre-foret-est-devenue-une-usine-a-bois-reagit-l-association-des-amis-de-la-foret-du-gavre-4a15caf4-5395-11ec-b53a-77eefdd898ae

Droit de Réponse
Cueillette  des champignons et piétinement :
le pourquoi d'une instrumentalisation

L'association Les Amis de la Forêt du Gâvre conteste la déclaration de Monsieur Corentin LEVESQUE (rapportée dans un article du quotidien Presse Océan du 11/11/21) qui prétend que « les parcelles des jeunes semis ont du mal à se régénérer, car les piétinements écrasent les jeunes pousses. Ce piétinement serait dû à l'abondance des cueilleurs de champignons ». Cette déclaration est inacceptable pour les raisons suivantes :

 

- Pour rappel,  il n'y a pas de champignons comestibles, dignes de ce nom, comme les cèpes, les amanites, les russules, les lactaires ou les chanterelles, dans les parcelles en régénération naturelle. Car ces champignons de type mycorhizien disparaissent après la coupe rase des arbres. Seuls des champignons saprophytes peuvent apparaître pour décomposer le bois mort.

 

- Personne ne va dans ces parcelles de régénération devenues sans aucun intérêt. La biodiversité est mise à mal. Plus d'insectes, plus d'amphibiens, etc.

 

- La méthode de la futaie régulière (où les arbres ont tous le même âge) actuellement mise en place par l'ONF, consiste à  intervenir dans chaque parcelle tous les 6 ans, en passant du semis à la phase finale qui est la coupe rase. N'importe qui peut constater qu'aucune parcelle n'est oubliée. Il suffit de remarquer les arbres qui portent un trait rouge, sélectionnés pour l’abattage. Et depuis 2008 (début du nouveau plan de gestion prévu pour 20 ans), il y en a de plus en plus. Les interventions mécaniques tassent le terrain et ce n'est pas un simple piétinement !!!

 

A chaque fois qu'une coupe, même partielle, a  lieu, les champignons disparaissent au fur et à mesure, il ne reste qu'un amas de  branches qui décourage le public. Il y a pire encore : le fait d'éclaircir les parcelles  augmente  la luminosité et dans de nombreuses parcelles on ne voit que de grandes herbes  (la molinie)  et des joncs. Là encore plus rien ne pousse, même pas les champignons, sauf quelques saprophytes dont la majorité n’est pas comestible.

 

Une autre méthode de gestion,  plus respectueuse de la biodiversité, éviterait ce problème : la futaie irrégulière. Elle permettrait d'assurer un couvert permanent avec la canopée des arbres, en abandonnant la coupe rase.  Laurent TILLON,  ingénieur chargé de mission Biodiversité à l'ONF, recommande cette méthode.

 

Cette déclaration de l'ONF n'est qu'un prétexte pour empêcher le public de venir en forêt. Or cette forte affluence ne se produit que pendant une trentaine de jours dans l’année, correspondant à la période de pousse des cèpes.

 

L'ONF envisage également de fermer l'accès aux parkings (aires de débardage) situés sur les routes départementales pour limiter encore l'accès du public. Il est même envisagé de fermer certaines routes forestières  si les collectivités ne participent pas à leur entretien.

Notre forêt n'est devenue qu'une usine à bois. Seul l'intérêt pécuniaire compte.

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Article Presse-Océan du 11/11/2021

 
 

Les AFG AU CINEMA SAINT-LAURENT

POUR LE FILM

POUMON VERT ET TAPIS ROUGE

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Sur scène pour la présentation du film

La soirée

 

Sollicitée par l’équipe du Cinéma Saint-Laurent de Blain à l’occasion de la reprise de sa formule de ciné-débat du lundi en présence d’un réalisateur, l’association des AFG a répondu présente le lundi 15 novembre 2021 pour la projection en soirée du film Poumon vert et Tapis rouge, sorti en septembre 2021. On l’a compris, il est question de forêt(s).

 

Rémi Valais, photographe et vidéaste professionnel à Guenrouët, n’a pas eu à regretter d’avoir proposé cette idée au Cinéma Saint-Laurent et d’avoir ainsi fait venir son ami, le réalisateur Luc Marescot en « tournée » de présentation de son film, puisqu’il y eut – à la grande satisfaction de tous – pas moins de cent-vingt spectateurs à cette séance du lundi. A n’en pas douter, très largement un public d’amoureux de la Nature et des forêts, et notamment de la forêt du Gâvre, au nombre desquels, bien sûr, de nombreux membres des AFG.

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Luc Marescot répond aux questions

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Les questions ne manquèrent pas après le film et c’est ainsi que les fructueux échanges se prolongèrent fort tard, d’autant que le réalisateur, particulièrement sympathique et décontracté, a le verbe facile. Nettement plus en tout cas que son grand ami de longue date (et, en quelque sorte, invité-surprise de la soirée) venu l’accompagner pour l’occasion et qui n’était autre que l’artiste talentueux qui a signé la musique du film (constituée à la fois de créations nouvelles et de morceaux déjà  existants), à savoir le musicien bien connu Alan Simon.

Luc Marescot et (à droite) Alan Simon

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Alan Simon (né à Nantes en 1964) est un artiste aux multiples talents, tout à la fois musicien auteur-compositeur, interprète, compositeur pour le cinéma, auteur de contes, romans, BD,  réalisateur d’un film et de clips musicaux). Les thèmes de prédilection de son œuvre éclectique pour laquelle il a su mobiliser la collaboration de nombreux artistes reconnus, musiciens ou non, d’horizons variés et souvent de niveau international, se réfèrent surtout à la culture celtique bretonne et à la défense de l’environnement. Alan Simon s’est principalement illustré dans le rock celtique et le rock progressif, et imposé par la création d’opéras rock. L’on peut citer notamment Excalibur, La légende des Celtes (succès considérable qui fit de lui un artiste de renom, à la carrière internationale ; ont suivi Excalibur II, L’Anneau des Celtes en 2007, Excalibur III, Les Origines en 2012 et Excalibur IV, The Dark Age of the Dragon en 2017), Gaïa, Anne de Bretagne, Tristan et Yseult et la fresque historique musicale Chouans.

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Simon

Alan Simon

L’ASPAS, l’ASsociation pour la Protection des Animaux Sauvages, était également présente à cette soirée à travers une représentante qui a pu lire sur scène un texte de présentation de cette association qui oeuvre depuis longtemps déjà à la protection animale.

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L’ASPAS est une importante association reconnue d’utilité publique, 100 % indépendante, fonctionnant volontairement sans subvention et donc uniquement grâce aux cotisations et aux dons, qui œuvre concrètement depuis déjà longtemps (près de 40 ans) et avec beaucoup de conviction et d’efficacité à la protection des animaux sauvages, de ces « sans-voix de la faune sauvage, les espèces jugées insignifiantes, encombrantes, ou persécutées par la chasse. » Pour reprendre ses termes, elle « mobilise l’opinion publique, interpelle les élus et sensibilise tous les publics à la nécessité de protéger les milieux et les espèces ». A cet effet, elle dispose de compétences juridiques très affûtées (plus de 3500 procédures devant les tribunaux) et apporte son savoir-faire et son concours, face à un maquis réglementaire dont la complexité est maintenue à dessein, à tous ceux qui souhaitent faire de leur propriété un territoire sans chasse en y créant une Réserve de Vie Sauvage® (rappelons également la possibilité, proposée par la Ligue de Protection des Oiseaux de créer, selon un mode sensiblement différent, des Refuges LPO). Pour en savoir plus : https://www.aspas-nature.org/

Luc Marescot est un professionnel de l’image très chevronné, puisque c’est lui qui, vingt-deux ans durant, accompagna à la caméra Nicolas Hulot au fil de ses pérégrinations à travers le globe pour ses célèbres émissions Ushuaia Nature. Cela fait plus de trente qu’il fait du documentaire de nature, soit des dizaines de documentaires au compteur. Il a notamment œuvré au film 700 requins dans la nuit (nominé aux Emmy Awards 2019) réalisé par Laurent Ballesta, biologiste, plongeur et photographe sous-marin.

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Luc Marescot, Alan Simon et Rémi Valais

en ombres chinoises

Le film

 

Le film reflète l’optimisme et le dynamisme de son réalisateur qui s’accroche de toutes ses forces à son rêve de réaliser sur le mode de la fiction et même du thriller écologique – pour aller au-delà des convaincus et toucher, par le sentiment et l’émotion, un plus vaste public – un film qui apportera sa pierre à la dénonciation urgentissime de la destruction forcenée des forêts primaires dans toutes les régions équatoriales et tropicales.

 

Poumon vert et Tapis rouge est de ces oeuvres où l’on suit le protagoniste principal s’évertuer à monter une pièce de théâtre, un spectacle, une comédie musicale ou, donc ici, un film. Pour ce faire, Marescot n’est certes pas le premier à opter pour le procédé du film dans le film et de la mise en abyme – on le voit mobiliser des extraits de tournages précédents, tourner des scènes (au moins à titre préparatoire), créer un teaser pour intéresser les producteurs, etc. Mais il le fait avec une telle énergie et un tel volontarisme qu’il force l’admiration et que l’on ne se lasse pas trop de retrouver sa « binette » dans la plupart des plans, d’autant que l’humour, voire la dérision, n’est jamais très loin et que l’on perçoit ce qu’il nous a d’ailleurs dit lors du débat, à savoir qu’il n’est pas aussi naïf qu’il y parait, à s’aventurer comme il le fait dans un monde dont il ne possède ni les codes ni les réseaux, ce monde du cinéma de fiction et de long métrage qui est manifestement sensiblement éloigné de celui du documentaire, qui plus est de nature.

 

C’est ainsi que l’on suit l’auteur dans son parcours du combattant aux multiples péripéties et tribulations, au fil de ses rencontres avec tous ceux (amis, connaissances ou autres « pointures du métier », souvent approchées au culot ou à force d’insister) dont il sollicite le concours et escompte conseils, avis, appuis, coups de pouce, tels Nicolas Hulot, Antoine de Maximy, Édouard Baer, Claude Lelouch, Juliette Binoche, Jacques Perrin, Jérôme Salle, Thierry Frémaux… Sans oublier l’irrépressible appel d’Hollywood qui n’est pourtant pas en manque, puisque la Writers Guild y enregistre déjà les scénarii au rythme effréné de quelque 70-80 000 nouveaux dépôts par an !

 

Le film est ponctué par le retour régulier du cinéaste à son camp de base, son antre en bordure de la forêt de Brocéliande où il peaufine son scénario, « panse » ses déconvenues et prépare le coup suivant, son « next move ». Il est surtout scandé, sur un mode beaucoup plus dramatique par la chute d’arbres majestueux de la forêt équatoriale d’Amazonie, d’Afrique, d’Indonésie ou de Nouvelle-Guinée, dans le bruit des engins de destruction. Les Indiens amazoniens, Papous et autres peuples autochtones habitant ces forêts  se retrouvent, entre désarroi et colère, dans la lutte bien inégale du « pot de terre contre le pot de fer ». L’image sans conteste la plus poignante est celle de cet orang-outang qui, l’espace d’une scène, s’en prend à l’un de ces monstres d’acier, avant de devoir en descendre et battre en retraite.

 

Mais le film, c’est aussi (et peut-être même avant tout) la personnalité paisible et apaisante de Francis Hallé. Marescot connaît ce grand botaniste d’envergure internationale depuis qu’il le rencontra pour un tournage, il y a longtemps déjà,  à l’occasion de cette grande aventure scientifique, si innovante, que fut le Radeau des Cimes. C‘est ainsi qu’a cheminé et mûri l’idée de faire de ce scientifique défenseur de toujours des forêts primaires équatoriales et tropicales le héros d’un grand film de fiction susceptible de sensibiliser le plus grand nombre à cette cause d’importance. Au fil de l’évolution du scénario, le Francis Hallé de fiction est devenu un personnage qui a plus à voir, quoique sur un mode très contemporain, avec un héros à la Jules Verne, façon Némo ou même Robur le Conquérant (qui était justement doté d’une redoutable machine volante).

 

Quoi qu’il en soit, si le projet a rapidement séduit Francis Hallé, lorsqu’il s’agit de traduire en images les mots que le créateur couche sur le papier – et qui ne coûtent rien –, l’on peut très vite se retrouver avec des sommes impressionnantes à trouver, en l’occurrence une bonne  quarantaine de millions tout de même, pour un pari que seuls des professionnels anglo-saxons peuvent actuellement se permettre, du moins si vous arrivez à les rassurer en démontrant que vous avez déjà une expérience probante dans le long métrage et que vous avez des amis et des associés aux poches profondes. Que The Botanist se concrétise un jour ou pas, cet objet filmique tout à la fois improbable et épatant qu’est Poumon vert et Tapis rouge existe bel et bien, lui, une œuvre qui nous donne à voir la beauté de la Nature et toute l’horreur de sa destruction, et où la vraie jungle (peut-on dire, mais sans trop de surprise) est celle de l’industrie cinématographique, puisque l’on sait bien que si le cinéma est un art, c’est aussi (surtout ?) une industrie. 

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Le botaniste

 

Francis Hallé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Hallé) est donc ce scientifique français de renommée mondiale qui a consacré sa vie à l’étude des forêts primaires, principalement dans les régions équatoriales et tropicales. Ses multiples recherches et missions depuis le début des années soixante l’ont conduit aux quatre coins de la Terre. Il a collaboré avec de prestigieuses universités et institutions, reçu de nombreuses distinctions, rédigé un nombre impressionnant d’études, d’articles et d’ouvrages, participé à quantité de conférences et d’échanges. Quoique désormais octogénaire, il continue inlassablement de  défendre les forêts primaires où qu’elles soient, dans l’hémisphère nord comme dans l’hémisphère sud, toujours prêt à prendre son bâton de pèlerin pour porter la bonne parole. Ainsi le voit-on, dans le film, à Brocéliande et à Groix. Et ainsi a-t-on pu l’approcher ici même, dans notre région blinoise, en juin 2021.

Francis Hallé

Toujours curieux, ouvert et soucieux de transmettre la passion d’une vie, il est venu passer plusieurs jours à l’Ecole des Tritons, sur Notre-Dame-des-Landes. Une école qui tire son nom de ces sympathiques petits batraciens qui en sont venus à symboliser la célèbre lutte menée sur ces terres parce qu’ils y vivent en nombre, grâce à l’incroyable réseau de mares, de prairies humides, de haies et de bois qui assurent l’inestimable intérêt naturaliste de ce bocage résiduel. Une école qui a bénéficié d’un financement participatif réussi et soutenu par de nombreuses associations (telles que la LPO, Bretagne Vivante et Greenpeace) et de non moins nombreuses personnalités d’horizons divers. Une école de la nature encore en devenir et qui, à travers le vaste éventail de ses activités librement ouvertes à tous, vise à permettre à tout un chacun de comprendre, aimer et défendre le bocage pour qu’il perdure – car il ne suffit pas d’empêcher un trésor de biodiversité d’être transformé en tarmac stérile, encore faut-il continuer de le préserver et de le faire vivre.

Mais si Francis Hallé est venu dans ce bocage préservé, c’est avant tout pour soutenir le lancement des  « Noues Qui Poussent » en ce début juin (ce qui a permis à la presse de s’en faire l’écho), un projet original (https://naturalistesenlutte.wordpress.com/) porté par les Naturalistes en Lutte et les habitants du secteur (les NEL ont procédé à un inventaire complet de la flore et de la faune du bocage, restitué en 2016 dans le numéro spécial 223-224 de Penn Ar Bed, la revue de Bretagne Vivante). Il s’agit à présent ici de "protéger et accroître la diversité des habitats écologiques de la zone, développer des activités pédagogiques autour de la biodiversité et développer des expérimentations en agro-écologie associées aux enjeux naturalistes". Et ce, dans un périmètre constitué à 76 % de parcelles humides (prairies, etc.) couvrant 60 hectares quasiment préservés de toute activité humaine pendant une bonne dizaine d’années (en raison, bien sûr, du projet d‘aéroport) sur Vigneux-de-Bretagne et Notre-Dame-des-Landes. Comme le dit Francis Hallé, « si cela marche bien, et c’est déjà bien parti, vous aurez là une sorte de vitrine où les gens des environs vont venir voir ce qu’il faut faire pour retrouver une forêt ». 

Ce séjour a également permis à Francis Hallé de parler à bâtons rompus du projet qui lui tient tant à cœur et pour lequel il a créé une association spécifique disposant d’un site dédié : recréer de toutes pièces (cela prendra quelque mille ans) ou en partant d’une forêt secondaire (sept ou huit cents ans « suffiront » alors)  une véritable forêt primaire de plaine de climat tempéré, en Europe occidentale, de préférence transfrontalière, à cheval sur plusieurs pays dont la France (ceci réduisant le risque de voir tel ou tel pays réduire ses engagements ou renoncer). Un projet fou, pour les générations futures, qui nécessite au moins 70 000 hectares et qui en dit long sur l’urgence de la situation.

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A bâtons rompus avec Francis Hallé à l'Ecole des Tritons

C’est le temps et l’espace qu’il faut pour retrouver l’incomparable biodiversité d’une véritable forêt primaire, une richesse qui n’a rien à voir – on le conçoit aisément – avec ce qu’a à offrir une forêt secondaire, le plus souvent exploitée ou plutôt surexploitée, telle que la forêt du Gâvre. De fait, pour Francis Hallé, ce type de forêt a plus à voir avec une plantation qu’avec une forêt primaire…

 

Comme le dit lui-même Francis Hallé sur son site (https://www.foretprimaire-francishalle.org/), les forêts sont partout détruites. Les dernières forêts primaires équatoriales sont situées en Amazonie, dans le bassin du Congo et en Indonésie. Toutes subissent un déclin alarmant. En Europe elles ont quasiment disparu depuis 1850 et l’admirable forêt primaire de Białowieża en Pologne est la seule qui subsiste encore. Malheureusement elle est, elle aussi, en grand danger. Plus que jamais, il est urgent d’agir ! 

 

Les forêts primaires qui subsistent encore en Europe ne sont quasiment plus que des lambeaux et des reliquats situés sur des pentes escarpées, dans des secteurs montagneux inexpugnables, impossibles à exploiter raisonnablement par l’industrie forestière. Mais c’est de forêts primaires de plaine dont il est question ici. Et la  seule de quelque ampleur qui subsiste encore est la vaste forêt polonaise de Białowieża, celle-là même qui (souvenons-nous) parvint à sauver les derniers bisons d’Europe, qu’un gouvernement polonais en tout point irresponsable a osé ouvrir largement à une exploitation effrénée, et qui n’avait certes pas besoin, en outre, de faire les frais de cette ignominieuse crise des migrants instrumentalisés et coincés entre Pologne et Biélorussie, laquelle se déroule précisément là.

 

Le projet ô combien estimable de Francis Hallé mérite assurément qu’on lui porte le plus grand intérêt et que l’on soutienne, autant que faire se peut, l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire.

L'artiste

 

L’on ne saurait parler de Francis Hallé sans évoquer avec bonheur, malgré tous ces malheurs qui assaillent le vivant, ce formidable talent d’artiste, de dessinateur au trait sûr, que ce grand scientifique a la chance de posséder, un don qu’il a su mettre au service de la botanique tout au long de sa carrière et grâce auquel il peut également mieux servir la cause de la forêt primaire et des arbres en général. Un art consumé du dessin, qui sait combiner beauté harmonieuse du trait, sens aigu de l’observation et rigueur scientifique.

Cette maîtrise consommée du trait et du dessin (que l’on peut particulièrement apprécier par exemple dans son ouvrage 50 ans d'explorations et d'études botaniques en forêt tropicale, publié en 2016 par l’éditeur Museo) n‘a évidemment pas échappé à Marescot et transparaît dès le générique du film. Elle est mise à contribution avec pertinence par Francis Hallé lui-même pour son grand projet de forêt primaire, notamment sur le site Internet de son association. Et nous n’oublions pas qu’il nous en a également donné une bien belle démonstration impromptue à l’Ecole des Tritons, au moyen d’une simple craie à même la paroi d’une tente, pour expliquer que tous les arbres de la Terre se ramènent à une typologie d’en tout et pour tout vingt-quatre modèles architecturaux arborescents. Car ce dessinateur compulsif aux plus de 24 000 croquis est, peut-être avant tout, l’éminent spécialiste d’une science qui lui doit beaucoup et pour laquelle, avec quelques autres, il a fait œuvre de pionnier : l’architecture des plantes vasculaires.

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Francis Hallé a recours au dessin pour expliquer l'architecture des arbres

Il s’inscrit, ce faisant, dans la plus pure tradition de ces grands naturalistes et défenseurs de la Nature qui furent également de talentueux artistes. Tel le plus célèbre d’entre eux (d’ailleurs évoqué par une spectatrice), à savoir le peintre Jean-Jacques Audubon (1785 -1851, né à Saint-Domingue, mais en grande partie élevé à Couëron, avant de tenter l’aventure américaine avec le succès que l’on sait), le « premier ornithologue du Nouveau Monde », à la renommée bien plus grande encore outre-Atlantique, au pays de la National Audubon Society, qu’en France (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Audubon ou https://en.wikipedia.org/wiki/John_James_Audubon). Citons encore Robert Hainard (1906 – 1999) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Hainard), naturaliste et artiste suisse dont les croquis crayonnés sur le vif, les gravures et les estampes enchantèrent et inspirèrent tant de générations de lecteurs, naturalistes et amoureux de la Nature, avec notamment son fameux Mammifères sauvages d'Europe (paru en 1949 chez Delachaux et Niestlé, la célèbre maison d’édition suisse qui a offert tant de précieux compagnons aux naturalistes).

 

Enfin, l’on aura pu noter avec grand plaisir que, pour l’avoir croisé à quelque occasion au fil de sa riche carrière derrière la caméra, Luc Marescot cite dans son film à deux ou trois reprises le nom de Théodore Monod (1902 - 2000) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Théodore_Monod), une autre de ces figures scientifiques aussi éminentes qu’épatantes, à la stature de vieux sages (Monod devint quasiment culte sur le tard), inlassablement vouées à la science, à la conservation de la Nature, au salut de l’Homme. Pour Monod, ce fut tout le contraire de la forêt, puisqu’il était habité d’un amour fou pour le désert, ce Sahara qu’il parcourut presque jusqu’à son dernier souffle. Parmi ses innombrables engagements, on n’oubliera pas son combat du début des années soixante-dix qui aboutit en 1976 à la création par la Mauritanie du Parc National du Banc d’Arguin (https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_du_Banc_d’Arguin), qui permet de préserver d’infinies richesses aviennes et marines aux portes du désert, sur un tiers du littoral mauritanien.

 

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Poumon vert et Tapis rouge se termine aussi cinématographiquement qu’il avait commencé, cette fois par un plan séquence en zoom arrière, nous éloignant lentement de Hallé et Marescot juchés sur la canopée d’un géant de toute beauté de la forêt gabonaise que nous ne sommes pas prêt d’oublier. Et après avoir vu tant d’arbres majestueux et vénérables s’effondrer au sol sous l’action des tronçonneuses, comment ne pas prendre toute la mesure, à l’heure d’un changement climatique de plus en plus prégnant, de cette parole de Francis Hallé :

 « Dix jeunes arbres ne remplacent pas un vieux :

un quart de siècle au moins sera nécessaire avant que

la dépollution atmosphérique ne retrouve son niveau initial. »

 

Pour voir la bande-annonce du film :

YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=oTsZgRjLQO4

Site officiel : https://poumon-vert-et-tapis-rouge.fr/

Lettre au député Yves Daniel

Le 22 septembre 2020

 

Monsieur DANIEL, 


Vous allez bientôt examiner le projet de loi ASAP, et notamment l’article 33 qui porte sur l’avenir de l’ONF.
Cet article prévoit le remplacement d’agents fonctionnaires assermentés par des salariés de droit privé ce qui me préoccupe particulièrement. Les agents sont soumis à de nombreuses pressions et le statut de fonctionnaire me semble le plus adapté pour garantir l’intérêt général. 

De plus, cet article prévoit une modification de la gouvernance de l’ONF en réduisant le nombre de membres de son conseil d’administration qui passerait de 30 à 12 membres. Une proposition qui pourrait conduire à écarter les représentants des associations de protection de l’environnement ou encore des collectivités locales au profit des seuls intérêts économiques des acteurs de la filière forêt-bois.

Je considère que ces modifications engagent l’ONF vers la privatisation. Alors que les forêts françaises subissent de plein fouet les premiers effets des changements climatiques, il me semble, au contraire, indispensable de renforcer le service public forestier en :
- Demandant la suppression de l’article 33
- Demandant un débat de fond sur l’avenir de l’ONF et des forêts
- Incluant l’avenir de l’ONF dans le plan de relance économique afin de donner les moyens à ces agents d’effectuer correctement leur mission de service public.

Je vous invite à consulter la lettre ouverte ci-dessous :
https://docs.google.com/document/d/1xIYEbb03Cw0Q0obWYA7wWcZVJCrOPgZd/edit

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de bien vouloir recevoir l’expression de mes salutations respectueuses.

 

 

Bernard BRUNET

Co-président "Les Amis de la forêt du Gâvre"

Une action citoyenne
le dimanche 10 novembre 2019

Plusieurs membres de notre association ont participé le dimanche 10 novembre 2019 à l'opération "déchets" organisée conjointement par la Maison de la Forêt et le Pays de Blain.

Opération_déchets_10_nov_2019.png

Plus de 150 kg de déchets ont été ramassés en 2 heures, essentiellement autour du Rond-point de l'Etoile.