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Les Amis de la Forêt du Gâvre

« Produire plus de bois tout en préservant mieux la biodiversité »


Ce slogan que l’ONF met volontiers en avant pour vanter sa « gestion durable des forêts domaniales » témoigne d’une communication très « en même temps » qui peine à convaincre, au regard des multiples maux qui assaillent l’ONF aussi bien que de la situation réelle sur le terrain, passablement dégradée, que l’AFG, comme tant d’autres, est bien forcée de constater.


L’on sait que la Forêt du Gâvre est une Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique – une ZNIEFF de type 2 – et, pour son avifaune, une Zone de Protection Spéciale – une ZPS –  Natura 2000.


Il faudrait vraiment beaucoup de bonne volonté, pour ne pas dire de naïveté, pour croire que les conditions actuelles d’exploitation du massif sont de nature à « préserver mieux la biodiversité » (la faune comme la flore), ni même de nature à la préserver tout court, s’agissant notamment des espèces les plus emblématiques du milieu forestier. Le volontarisme communicant et offensif de l’ONF (notamment sur Internet) ne saurait empêcher ce triste constat.


Il est plus que temps de passer à des mesures propres à assurer une véritable « gestion durable » et non à poursuivre un « greenwashing » à outrance (aussi peu convaincant que celui de la Fédération Nationale des Chasseurs).

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FLASHBACK TRONCAIS 1995

Toute ressemblance avec…

 

C’est en 1995 que fut publié Tronçais, la forêt aux abois, un livre non réédité à ce jour et désormais quasi introuvable. La vigueur de la plume clairvoyante de son auteur, Jacky Boutonnet, était à la mesure de son désarroi et de sa colère à la vue du traitement que les nouvelles méthodes de gestion de la forêt publique faisaient alors subir à cette forêt qu’il aimait tant, lui, l’enfant du pays, naturaliste de terrain amoureux du Pays de Tronçais, autodidacte passionné d’ornithologie et de chasse photographique.

 

Tout est dit dans cet ouvrage de ce que nous connaissons aujourd’hui, en forêt du Gâvre comme ailleurs, l’Administration ayant poursuivi peu ou prou dans le droit fil des politiques et des méthodes de gestion déjà bien lancées à l’époque, tel un paquebot avançant sur son erre et voguant irrémédiablement vers sa perte, entraînant avec lui tous ses passagers dans un naufrage pourtant annoncé.

 

Chapitre après chapitre, l’auteur dresse un tableau aussi lucide qu’implacable d’une forêt effectivement « aux abois ». Et l’on ne peut qu’être frappé par la similitude entre ce que subissaient les futaies anciennes de Tronçais en 1995 (sans parler depuis lors) et ce que nos rares arbres anciens du Gâvre subissent aujourd’hui, comme dans cette futaie des Chêtelons désormais, elle aussi, aux abois, et dont l’hallali va advenir sous peu en dépit des discours rationalisateurs et communicants mis en avant, qui ne trompent pas les amis de la forêt, tous ceux qui veulent une vraie forêt et non une usine à bois.

 

C’est pourquoi nous vous proposons la lecture ô combien édifiante du chapitre  « la Forêt Usine à Bois » (ci-dessous PDF du chapitre intégral et PDF de morceaux choisis), des pages qui, hélas, demeurent encore d’une grande actualité.

 

Tronçais  est volontiers présentée comme la vitrine de la forêt française, avec sa non moins célèbre cathédrale – la futaie Colbert –, comme la plus belle chênaie d’Europe (en plaine, au centre de la France, dans l’Allier), produisant un bois de qualité supérieure, particulièrement réputé pour faire les tonneaux. Avec ses nombreux arbres remarquables, y compris certains classés (!), et ses 110 ha de réserves biologiques sur ses quelque 10600 ha, la voilà désormais labellisée Forêt d’Exception.

 

Et pourtant, que de misères ne lui a-t-on fait subir et ne continue-t-on pas de lui faire subir au nom d’une productivité à tout crin que les agents de l’ONF ne cessent de dénoncer. C’est d’ailleurs bien là qu’ils convergèrent de toute la France en 2018 au terme d’une longue marche symbolique. 

 

 

Tronçais, la forêt aux abois, Les Editions du Chemin de Ronde, ISBN 2-909789-179, 1995, 160 p., ouvrage illustré de nombreuses photos de l’auteur.

Texte intégral chapitre  La Forêt Usine à Bois - in La Forêt aux Abois, Jacky Boutonet, 1995,

1,6 Mo

Extraits chapitre  La Forêt Usine à Bois - in La Forêt aux Abois, Jacky Boutonet, 1995, 24,4 mo

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Pour une forêt heureuse...

Il est déjà bien difficile de définir le bonheur quand il s'agit des humains. Alors celui des forêts !

Essayons tout de même...

Une forêt heureuse, ce pourrait être :

Une forêt équilibrée

L'exploitation forestière, la chasse, l'accueil du public : ces trois composantes de la gestion ont, de tout temps, cohabité avec une certaine harmonie, au sein du massif forestier du Gâvre. Or il apparaît bien depuis quelques années que cet équilibre, entre les trois composantes, soit rompu au "profit" de l'exploitation du bois.

Une forêt respectée

Cette surexploitation forestière nous apparait d'autant plus inquiétante qu'elle s'effectue avec des engins surpuissants, qui tassent le sol sur des profondeurs importantes et ravagent les sous-bois. D'autre part l'exploitation actuelle respecte-t-elle la répartition traditionnelle feuillus-résineux sur le massif gavrais ? Malgré les affirmations des gestionnaires, le doute est permis.

Une forêt accueillante

La gestion de la forêt prend de moins en moins en compte l'accueil du public. Favoriser les conditions de cet accueil est pourtant une mission explicite donnée à l'O.N.F.

L'état actuel de certains sentiers de randonnée en est une illustration : plusieurs d'entre eux sont interrompus par des arbres couchés (voir article de presse en page Presse/Médias). Beaucoup d'autres espaces manquent d'un entretien minimum...

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...soyons collectivement vigilants !

Forêts et bien commun : quelques données…

Les forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat et dans l’atténuation du réchauffement de la planète. Une tonne de bois capture en moyenne 1,8 tonne de dioxyde de carbone. Ce CO2 est piégé aussi longtemps que le bois n’est pas brûlé ou décomposé. Sa combustion ou sa décomposition relâchent en effet alors une quantité analogue de CO2 dans l’atmosphère. Il faut donc privilégier le bois dans la construction comme matériau, et éviter l’utilisation massive de bois comme moyen de chauffage.

Les arbres des forêts jouent un rôle environnemental essentiel, notamment en régulant la quantité et en améliorant la qualité de l’eau disponible dans le sol.

Les forêts françaises sont denses dans l’Est et le Sud-Est et peu présentes dans l’Ouest qui peut être considéré comme peu boisé. Pour exemple, en Loire-Atlantique, la surface « forestière » représente moins de 10 % de la surface totale du département (IGN 2014). Les forêts domaniales ne représentent que 9 % de la surface forestière en France. (IGN 2014). Accessibles au public, elles constituent un espace d’intérêt général, et un lieu de bien-être sans équivalent pour la population.

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